L’Algérie aura bâti sa réputation  dans la monde grâce à son histoire, ses ressources pétrolières, sa politique…Mais malheureusement parfois à cause des scandales de corruption, dans lesquels ses hauts cadres ont pu être impliqués. Khalifa, Sonatrach, Autoroute Est-Ouest… l’histoire a révélé de nombreux dérapages. Tour d’horizon des plus grands scandales algériens qui ont fait la Une des médias et indigné les Algériens.

Ces dix dernières années les affaires de corruption ont rythmé la vie politique algérienne et surtout judiciaire. De révélations en révélations, l’Algérie a dévoilé plus d’un scandale. Celui qui a marqué les esprits est sans doute l’affaire Khalifa, qui a démontré de nombreuses failles dans le système algérien, et les rouages de toute une corruption institutionnelle.

L’affaire Khalifa, le plus gros scandale algérien

Pour rappel en février 2006, s’est tenu le procès du plus grand scandale financier qu’ait connu l’Algérie, et aura marqué le monde par son ampleur. L’affaire impliquant Abdelmoumen Rafik Khalifa, patron du groupe éponyme, est survenue à la fin des années 2002. Ce dernier avait alors été accusé de corruption, prévarication et de dilapidation de biens publics. Son groupe était parvenu à diversifier ses activités et à une croissance incroyable en quelques années grâce au recours à des manigances financières, rendues possibles à cause d’un manque de vigilance des autorités publiques.

En novembre 2002, une mission d’information est lancée par le ministère des finances et la Banque d’Algérie pour mettre fin à l’opacité des comptes du Groupe Khalifa. Mais c’est seulement en février 2003,  que l’ampleur de cette affaire de corruption commence alors à être dévoilée par la presse. Le scandale éclabousse alors Rafik Khalifa, et par la même occasion l’Algérie. Le préjudice du scandale du groupe Khalifa avait alors été évalué par certains à  plus de 3 milliards de dollars.

Autoroute Est-Ouest : commission contre projet

L’affaire de l’autoroute Est-Ouest a également mis à mal l’image de l’Etat algérien. Une enquête menée par le DRS dévoilera toute une organisation où la corruption est maîtresse. Les soupçons sont portés sur Mohamed Bouchama, secrétaire général du ministère des Travaux publics, ainsi que le chef de cabinet du ministre. Ces derniers étaient alors accusés d’avoir favorisé un consortium chinois, Citic-CRCC, dans l’appel à projets, en échange de commissions tournant autour de 530 millions de dollars. De nombreux hommes d’affaires  algériens et étrangers, des hauts cadre de l’Etat, des ministres et des officiers de l’armée, sont alors impliqués dans ce gigantesque scandale.

Algérie Télécom : entre le blanchiment d’argent et les marchés arrangés

L’entreprise publique de télécom a également eu le droit à son affaire de corruption. Entre 2003 et 2006, Mohamed Boukhari et Chami Madjdoub ont été accusés des transactions douteuses et blanchiment d’argent au préjudice  d’Algérie Télécom. Une enquête avait révélé que ces deux hommes avaient perçu des pots-de-vin au Luxembourg en relation avec des transactions douteuses  conclues par Algérie Télécom et les deux sociétés chinoises ZTE Algérie et HUAWEI  Algérie. Ces deux entreprises avaient versé en contrepartie  de ces transactions avec Algérie Télécom des «commissions» au profit de deux  sociétés de consulting appartenant à Boukhari et Chami dans des comptes «offshore» ouverts au Luxembourg.

Sonatrach, l’histoire se poursuit…

 Sonatrach 1, Sonatrach 2, l’entreprise nationale d’hydrocarbures n’a cessé de faire parler d’elle, à travers divers épisodes, dans lesquels corruption et malversations ont joué les premiers rôles. En janvier 2010, le premier scandale éclate au sein du groupe pétrolier. Des contrats entre Sonatrach et la société algéro-française d’ingénierie Safir, auraient présenté des irrégularités. L’attribution de plusieurs marchés auraient été biaisés par le versement de certaines commissions, lors de la signature de contrats entre 2007 et 2008. Un cadre de Sonatrach ainsi que le directeur général de Safir ont été accusés et écroués. Des têtes sont également tombées à la direction de Sonatrach, l’ancien PDG du groupe pétrolier algérien, Mohamed Meziane, placé sous contrôle judiciaire démissionera de son poste,  et deux de ses quatre vice présidents seront mis sous mandat de dépôt. Quelques mois plus tard, ce sera le tour de son successeur, Abdelhafidh Feghouli qui sera arrêté, et qui quittera également son poste. Ce scandale provoquera surtout le départ de Chakib Khelil, ancien ministre de l’énergie et des mines.

Et voilà que l’histoire se répète, Sonatrach se retrouve mêlée à une sombre histoire de corruption avec les entreprises italiennes ENI et Saipem. Le parquet de Milan a lancé les premières investigations, puis le parquet d’Alger a suivi en ouvrant récemment une instruction judiciaire de son côté. Les premiers éléments de l’enquête indiqueraient qu’une commission occulte de 197 millions d’euros aurait été versée, via un intermédiaire, à de hauts responsables algériens, afin que les entreprises italiennes obtiennent un juteux marché d’une valeur de 11 milliards de dollars. Plusieurs personnes seraient impliquées dont des personnalités publiques. On évoque notamment Chakib Khelil, déjà cité dans la précédente affaire, ou encore Mohamed Bedjaoui, ex-ministre des Affaires étrangères, au moment des faits.

La corruption est définitivement une histoire sans fin en Algérie….

Notez cet article