Selon les Frères Musulmans, 35 partisans du président déchu Mohamed Morsi auraient trouvé la mort lundi 8 juillet lors d’un rassemblement devant la garde républicaine. Ils appellent à un vaste soulèvement. L’armée dénonce quant à elle une « attaque terroriste ».

Le « sit-in illimité » des partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi devant la Garde républicaine a tourné à l’affrontement avec l’armée lundi 8 juillet au matin.

La répression aurait fait au moins 35 morts et des centaines de blessés selon les Frères Musulmans. Le parti de la justice et de la liberté (PLJ), vitrine politique de la confrérie, appelle dans une déclaration écrite au « soulèvement du grand peuple d’Egypte contre ceux qui sont en train d’essayer de lui voler sa révolution avec des chars ». 

L’armée parle en revanche d’une attaque terroriste à l’encontre de la Garde républicaine. « À l’aube, un groupe de terroristes armés a essayé d’envahir le (bâtiment) de la Garde républicaine, attaquant les soldats et la police, provoquant la mort d’un officier et blessant plusieurs conscrits, dont six sont dans un état critique », assure-t-elle dans un communiqué.

Les partisans des Frères musulmans sont mobilisés en masse depuis plus de dix jours dans différents endroits du Caire pour défendre la « légitimité » de l’ex-chef d’État, premier président élu démocratiquement de l’histoire du pays. Des barrages de la police militaire empêchaient les journalistes d’accéder au secteur lundi matin.

CRISE POLITIQUE

Le parti salafiste égyptien al-Nour a rapidement réagi en annonçant son retrait des discussions sur le choix d’un Premier ministre et d’un gouvernement de transition.

 « Nous avons décidé de nous retirer immédiatement des négociations en réponse au massacre qui a eu lieu devant la Garde républicaine », a déclaré le porte-parole de ce parti, Nader Baqqar, sur Twitter.

Après s’être opposé à la nomination du prix Nobel de la Paix Mohamed El Baradei comme Premier ministre, al-Nour avait déjà émis des réserves dimanche 7 juillet sur le choix d’un économiste de centre-gauche, Ziad Bahaa Eldin.

 « Ziad Bahaa Eldin sera très probablement nommé Premier ministre et Mohamed El Baradei vice-président », indiquait Ahmad al-Mouslimani, porte-parole de la présidence qui s’exprimait sur la chaîne privée ONTV plus tôt dans la journée.

Le parti salafiste conteste l’ « affiliation » de M. Bahaa Eldin au Front du salut national (FSN, principale coalition de l’opposition à Mohamed Morsi), et plaide pour « un technocrate qui fasse consensus ou soit accepté par 80 % à 90 % » des Égyptiens.

DÉMONSTRATIONS DE FORCE

Ces violences interviennent au lendemain de nouvelles manifestations monstres sur la place Tahrir, lors desquelles des dizaines de milliers d’opposants à Mohamed Morsi ont défilé pour prouver que l’ex-président islamiste a été renversé par une révolution populaire et non un coup d’État.

Sous une patrouille d’avions de chasse lâchant derrière eux une fumée aux couleurs du drapeau national, la place Tahrir était noire de monde dimanche 7 juillet pour une mobilisation se voulant pacifique, après des heurts d’une rare violence vendredi entre pro et anti-Morsi.

Des manifestations similaires avaient lieu dans la plupart des provinces, notamment à Alexandrie (nord), deuxième ville du pays. Des tirs ont été entendus en certains endroits et le ministère de la Santé a fait état de 29 blessés au cours de la journée.

Ces mobilisations rivales font peser le risque de nouvelles violences, alors qu’au moins 37 personnes avaient été tuées vendredi 5 juillet, notamment en marge de rassemblements de dizaines de milliers de sympathisants des Frères musulmans.

Lu sur La Croix