Ce n’est pas la sortie de son dernier album, début décembre, qui aura retenu notre attention. Non, si Hamid Cheriet, de son nom de scène Idir, fait partie des douze personnalités qui ont marqué les esprits en 2013 c’est en raison de ses prises de positions politiques. Chanteur engagé, éloigné de l’Algérie depuis plus de 30 ans, Idir prône la relance d’un dialogue national sur la question de l’autonomie de la Kabylie.

Article initialement publié le 22 novembre 

Pour le chanteur Idir, l’indépendance de la Kabylie est une revendication « logique ».

Des déclarations qui pourraient bien provoquer un tollé. Le chanteur kabyle Idir s’est exprimé sur le plateau de la chaîne de télévision Berbère Tv au sujet de l’indépendance de la Kabylie. L’artiste s’est refusé d’affirmer explicitement et d’une manière formelle son soutien à l’indépendance de sa région natale. En revanche, il a dit qu’il « comprenait » les partisans de l’indépendance de la Kabylie.

Selon lui, l’évolution des revendications des Kabyles est « logique » étant donné la situation qui prévaut dans le pays. Le cheminement des défenseurs d’une autonomie de la Kabylie, notamment l’interprète Ferhat Mhenni, vers une indépendance totale de cette partie du territoire national est « logique », estime le chanteur Idir. « Quand notre identité est réprimée depuis longtemps, il est logique qu’on aboutisse à la notion d’indépendance », a ainsi déclaré Idir chez nos confrères de Berbère Tv.

Pour lui, les partisans de l’autonomie de la Kabylie ont développé une crainte de voir les fractions tribales se développer dans le cas de l’instauration du fédéralisme, qui ne pourrait s’appliquer, ajoute-t-il, qu’ « aux nations ayant un intellect assez développé ». « Du moment qu’on n’a rien, qu’on ne peut pas vivre notre identité, qu’est ce qu’il nous reste, on se sépare. Sociologiquement, cette revendication est logique », a-t-il affirmé.

Officialisation du Tamazight : des avancées à grands dans le Maghreb

Sans prendre position, Idir reste de son côté ouvert au débat. Toutes ces idées devront être débattues, lance-t-il. En ce qui concerne la langue Tamazight, le chanteur a estimé que son officialisation ne serait qu’une bonne chose pour l’identité. Selon lui, si le pouvoir panique, c’est parce qu’au niveau des pays d’Afrique du Nord, les choses évoluent. Il a rappelé dans ce sens que « le Maroc est à l’aube de l’officialisation de la langue amazigh alors que la Libye travaille dans ce sens ». « Le pouvoir se sent encerclé », a-t-il affirmé.

Voir l’interview de Idir sur Berbère Tv

Elyas Nour

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