Les joueurs professionnels de football ne toucheront plus les salaires faramineux de 200 et 300 millions de centimes par mois, qu’ils avaient pris l’habitude de percevoir. Mais le plafonnement des salaires risque d’entraîner des pratiques frauduleuses. Explication.

Nous l’avions évoqué en octobre. Cette fois c’est bien acté. Les Présidents des clubs des Ligues, 1 et 2, se sont réunis jeudi, au siège de la Fédération algérienne de football (FAF), pour établir le barème des rémunérations des joueurs, qui évoluent dans le championnat national. Ce barème sera applicable à partir de la saison prochaine (2014–2015). Ainsi, les salaires n’excéderont plus les 120 millions de centimes par mois. Une somme déjà colossale pour le commun des Algériens. Et ce niveau de revenu concerne les internationaux confirmés. seulement. Les autres joueurs, qui n’ont pas encore le privilège d’avoir été retenu par en sélection nationale, toucheront, eux, entre 20 et 80 millions.

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Reste à savoir si l’ensemble des présidents de clubs vont accepter de jouer le jeu en n’offrant pas, sous la table, des rallonges aux joueurs, sachant que les pratiques « douteuses » ont, de tous temps, y compris à l’ère du professionnalisme, étaient de monnaie courante dans le football national. Il faut dire que l’inflation qu’ont connue les salaires des joueurs a précipité plusieurs clubs dans la crise. Durant le mercato hivernal, une dizaine de clubs étaient menacés d’interdiction de recrutement s’ils ne réglaient pas les dettes, qu’ils avaient contractées auprès de certains joueurs.

La grogne des dirigeants de clubs

Le plafonnement des salaires était devenu une nécessité absolu pour la survie du football professionnel, lancé il y a de cela quatre saisons. Seulement, cela pourrait ne pas être du goût des dirigeants les plus nantis. A commencer par ETRHB (USM Alger), Sonatrach (MC Alger), Tassili Airlines (CS Constantine), qui ne connaissent pas de difficultés financières. Bien au contraire. Ces poids lourds du championnat national veulent rester les leaders du recrutement. Or, en nivelant les salaires des joueurs, en les plafonnant à un maximum de 120 millions de centimes, le transfert pour un joueur n’est plus si attractif et lucratif.

Il faut attendre donc le début de la saison prochaine, en suivant de très près le mouvement des joueurs, pour voir si cette consigne a été suivie ou non par les dirigeants de clubs et si elle ne donne pas lieu à des pratiques frauduleuses. D’ici là, certains clubs en mal de financement, continuent à offrir des salaires faramineux versés à leurs joueurs, alors qu’ils ne n’ont pas les moyens.

Elyas Nour