C’est le branle-bas de combat au sein du régime algérien. La lutte intestine qui oppose un clan à un autre, des conseillers de la Présidence à des officiers du DRS, des hauts responsables politiques à des dirigeants de l’armée, se poursuit toujours et livre chaque jour son lot de révélations fracassantes. 

Et après les graves accusations portées contre le frère du Président, Saïd Bouteflika, par un ancien capitaine du DRS, Hichem Aboud, il semble que cette lutte d’influence a franchi un cap dangereux. Cette fois-ci, on colporte des allégations de dépravation sexuelle et de corrpution jusqu’au sommet de la Présidence de la République puisque Saïd Boutflika n’est pas moins que le conseiller spécial de son frère Abdelaziz Bouteflika.

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A la suite de ces accusations qui ont soulevé un tollé médiatique, l’on assiste encore  simultanément à la floraison de versions de faits telle que l’implication du général Toufik dans ces attaques violentes contre Saïd Bouteflika. Mardi, au lendemain de la sortie médiatique de Saïd Bouteflika, plusieurs quotidiens et médias algériens ont laissé entendre que les graves accusations de Hichem Aboud sont une manoeuvre orchestrée par le clan du général Toufik, le patron du DRS. « Le coup est venu d’un homme,  réputé pour être proche du patron du DRS. On dit même que ce dernier aurait donné son feu vert pour récupérer les ex-officiers insoumis », estime ainsi Hmida Ayachi, directeur de publication d’Algérie News, et réputé pour être un proche du clan présidentiel.

D’après cette observateur averti de la scène politique, « les «service auraient passé un deal avec Aboud. En contre partie de son témoignage dans l’affaire Mecili, disculpant le dénommé Hassani, il aurait été recompensé en lui permettant de rentrer et de créer deux quotidiens ». Hichel Aboud a été donc enrôlé par le général Toufik qui l’a actionné, par la suite, contre Saïd Bouteflika ? Hichem Aboud répond à cette question par un oui catégorique.

« Je ne peux pas m’inscrire dans une fausse guerre de clans. Une guerre se fait entre deux adversaires. Or, nous constatons que c’est seulement une partie qui attaque une autre. C’est Saïd Bouteflika qui attaque le général Toufik. Je ne défends pas le général Toufik, il n’a pas besoin de moi », s’est défendu de son côté l’ex officier du DRS dans un entretien accordé à El Watan. « La lettre était exclusivement adressée à Saïd Bouteflika et, à ce titre, strictement privée, dans le but de vérifier avec lui des informations. C’est lui qui a ordonné à TSA de la rendre publique, pas moi. Mais cela va se retourner contre lui », a expliqué encore Hichem Aboud qui ne comprend pas pourquoi le frère du Président a décidé de rendre public une lettre aussi incendiaire.

« En publiant la lettre dont il fait l’objet, Saïd Bouteflika cherche à gagner de la sympathie. Il veut attirer des gens autour de lui. L’attaque de Saïdani contre Toufik a été favorable au général. Ce dernier est défendu par plusieurs cercles », a estimé en dernier Hichem Aboud lequel ne s’attendait guère à ce que sa lettre soit publiée sur un sinte d’information. On le voit bien : chaque partie de cette guerre tente de discréditer l’autre en utilisant ses propres armes. Les médias sont devenues partie prenante de ce conflit. Et l’opinion publique demeure éberluée face à tout ce linge sale qui ne se lave plus en famille.