L’Algérie exporte actuellement les valeurs de paix et de stabilité», a déclaré hier Mohamed Larbi Ould Khelifa, président de l’APN, repris par l’APS. Faite dans un contexte sous-régional mouvant, la déclaration du président du Parlement traduit parfaitement l’état d’esprit actuel des autorités algériennes. En extérieur, Alger a désormais un discours qui peut se tenir et qui justifie le maintien du statu quo politique en intérieur.

Avant de quitter Alger, Henry S. Ensher, ambassadeur des Etats- Unis, a clairement précisé l’objectif immédiat de Washington : renforcer la coopération sécuritaire. «Nous sommes confiants quant à la capacité de l’Algérie à se sécuriser et aussi en sa capacité à assumer le rôle de leadership en aidant d’autres pays de la région à se sécuriser eux-mêmes.

La sécurité est la base de toute activité économique», a soutenu le diplomate qui a servi en Irak. Citée souvent en exemple dans la lutte contre le terrorisme, l’Algérie, plus grand pays d’Afrique, est presque chargée de la mission de «gendarme en chef» dans la région sahélo- saharienne et maghrébine.

Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, sera à Alger aujourd’hui pour évoquer justement la lutte contre le terrorisme au Sahel et la situation politique au Mali. L’intervention militaire française au nord du Mali a été appuyée par Alger, mais qu’en est-il des suites de cette opération ? Après d’incompréhensibles hésitations, la diplomatie algérienne s’est retournée, une nouvelle fois, vers le Sahel. Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères, était à Bamako cette semaine, où il a salué «l’identité de vues» et «la convergence des actions» de l’Algérie et du Mali pour que le dialogue intermalien soit une réussite.

«Ce qui a été scellé entre le Mali et l’Algérie a été tellement profond qu’aucune conjoncture ne pourrait le remettre en cause», a soutenu le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. «Nous ne sommes pas surpris d’avoir un partenariat stratégique de haut niveau avec l’Algérie», a déclaré, pour sa part, Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères. Paris qui, avec Berlin, souhaite une plus grande «implication» de l’Union européenne dans la gestion des crises en Afrique, peut-il «admettre» un rôle plus poussé de l’Algérie au Mali et dans le Sahel ?

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