La situation que vit l’Algérie sur le plan économique n’a pas été prévue que par l’opposition. Des organismes internationaux ont fait de même. L’Ifri (Institut français des relations internationales) a décrit, dans une analyse datée de 2013, la situation actuelle de l’Algérie. Sans que cela ne fasse bouger les autorités.

« Déjà en novembre 2013, nous alertions sur les fragilités du secteur des hydrocarbures en Algérie, secteur pourtant capital pour l’économie du pays. Deux ans plus tard, le constat n’est guère plus enthousiasmant : l’Algérie n’est pas parvenue à rompre la spirale négative dans laquelle son secteur des hydrocarbures est embourbé depuis dix ans. », indique ainsi le document de l’institut français, l’une des références occidentales en matière d’analyses stratégiques.

L’analyste tient cette lecture des limites atteintes par Sonatrach, « société omnipotente, mais dépassée » et le fait que les autorités ont tout concentré entre les mains de cette société. « Comme Sonatrach ne possède pas l’ensemble du matériel et des compétences nécessaires, et que, dans le même temps, elle n’arrive pas à attirer les sociétés et les capitaux étrangers, elle a massivement recours aux sociétés de service », note le document qui conclut que la situation échappe donc au mastodonte national, plus grande entreprise d’Afrique en terme de chiffre d’affaires. « De plus, et malgré les équipements qu’elle a acquis au cours des années, notamment via ses filiales, l’Entreprise nationale des travaux aux puits (ENTP) et l’Entreprise nationale de forage (Enafor), Sonatrach ne dispose que de 70 appareils de forage. Comme les programmes d’exploration sont ambitieux et que la société nationale doit effectuer par elle-même la majeure partie des opérations, le matériel vient à manquer », ajoute l’IFRI.

L’institut ajoute, à ce constat, la multiplication des scandales et les affaires de corruption qui fragilise la société nationale, et par ricochet l’économie du pays.

 Essaïd Wakli

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