A peine sorti de prison, le général à la retraite Hocine Benhadid a défié à nouveau les autorités politiques en dépit de la loi interdisant aux hauts responsables militaires de s’exprimer publiquement sur des affaires politiques. 

Lors d’une rencontre organisée par son avocat avec plusieurs journalistes, l’ex commandant de la 3e région militaire a affirmé qu’il continuera à s’exprimer sur l’actualité politique de notre pays. « Ce qui est important pour moi, c’est que l’opinion publique soit convaincue que Benhadid n’a pas marchandé sa libération et qu’il est toujours aussi convaincu de ce qu’il a dit et qui lui a valu la prison. Il continuera à exprimer ses avis quel qu’en soit le prix. C’est une question de temps », a-t-il confié aux journalistes avec lesquels il s’est entretenu, rapporte ce lundi le quotidien El-Watan.

Après  286 jours en prison, le général Benhadid continue à croire que ses prises de position ont fortement déplu aux hauts responsables de la Présidence et du ministère de la Défense.  « Si je ne me suis pas exprimé après ma sortie de prison, ce n’est pas parce que j’ai peur. Je voulais m’occuper de ma santé qui était très affectée. J’ai dit des choses sur une chaîne de télévision et un site électronique,qui ont dû faire peur. J’ai parlé de la réunion de 1991 et je pense qu’ils avaient peur des détails que j’aurais pu révéler », explique-t-il encore.

Aujourd’hui, le général Benhadid semble davantage préoccupé par son état de santé qui se détériore dangereusement. D’ailleurs, il demande à ce propos une prise en charge pour partir se soigner à l’étranger. « Je dois subir une opération chirurgicale après mes 37 séances de radiothérapie. Elle doit être faite à l’étranger. Comme je n’ai jamais eu droit à une prise en charge, c’est l’occasion d’introduire la demande. Il faut que cette affaire soit traitée de manière définitive. Ou ils programment mon procès, ou ils annulent l’action civile. Je ne peux rester dans cette situation éternellement », indique en dernier lieu le général qui avait traité, en septembre 2015, Saïd Bouteflika de « malade mental ». Aujourd’hui, le même général réclame à ce même pouvoir qu’il dénonce avec tant de véhémence de financer ses soins à l’étranger.