Ces derniers jours, des médias arabophones rapportent et justifient, souvent avec emphase, l’arrestation et la traduction devant la justice de personnes converties à d’autres cultes et des athées.  Un quotidien d’expression arabe, habitué au sensationnel, a même fait état d’un avis de recherche visant un enseignant à la retraite parce qu’il aurait épousé la religion chrétienne.

Le must de tout cela est l’information qui trône à la Une de certaines publication : des athées sont condamnés pour avoir créé une page Facebook. Des citoyens, auxquels la loi algérienne donne pourtant le droit de «croire» ou «de ne pas croire». En somme, il s’agit d’une violation la constitution qui garantit le droit de conscience.

Cela intervient en pleine polémique sur les arrestations touchant les adeptes de l’Ahmadisme en Algérie. Cette communauté, qui compte quelques centaines de pratiquants, est particulièrement ciblée par les autorités. Les Ahmadis sont systématiquement arrêtés ou poursuivis en justice.

Pourtant, la communauté ahmadie n’a rien de dangereux. Tout comme les convertis au christianisme ou les athées, ces religieux ne prêchent ni la violence ni ne nourrissent une quelconque animosité envers les autres. Une caractéristique qu’on trouve, par contre, chez les salafistes qui, eux, avancent parfois sous l’aile protectrice de l’Etat.

Il est vrai que dans un pays où la religion tient une place particulière, l’arrivée d’autres cultes n’est pas forcément la bienvenue. Mais persécuter ainsi des minorités religieuses ne fait qu’aggraver l’image, déjà hideuse, que donne l’Algérie à l’étranger, notamment en matière de respect des libertés religieuses.

Cela rappelle les interdictions qui ont frappé, tout au long de ces dernières années, les activités de la communauté chrétienne. Des dizaines d’associations ont été crées mais une loi datant de 2006 leur rend la vie difficile. Ce qui a poussé des membres de cette communauté à s’adonner à des activités clandestines.

Essaïd Wakli