La sulfureuse banque d’affaire Goldman Sachs a racheté récemment  des obligations vénézuéliennes à prix cassé. La banque d’investissement américaine, qui au passage a fait une très bonne affaire, est ainsi  accusée de faire le jeu du régime «progressiste», mais de plus en plus contesté et  autoritaire, de Nicolás Maduro.

Goldman Sachs a acheté à prix cassé des obligations de la société pétrolière nationale Petroleos de Venezuela (PDVSA). Cette transaction, révélée par le New York Times et confirmée par la banque , a été qualifiée par une partie des Vénézuéliens d’appui financier au régime de plus en plus autoritaire du président Nicolas Maduro, confronté à des manifestations quotidiennes pour réclamer sa démission .

« Soutien de la répression brutale des manifestations »

Au Venezuela, pays qui traverse une grave crise économique et politique, l’acquisition pour un montant de 773 millions d’euros des obligations de la PDVSA, d’une valeur officielle de 2,23 milliards d’euros, par Goldman Sachs ne passe pas.

La banque « aide à consolider la répression brutale menée contre des centaines de milliers de Vénézuéliens qui manifestent pacifiquement pour un changement politique dans le pays », a affirmé Julio Borgés, le président du parlement, devenu la première force d’opposition à Nicolas Maduro. Depuis le 1er avril, près de 60 personnes sont mortes à Caracas dans des affrontements entre manifestants et policiers lors de manifestations anti-Maduro.

Ces centaines de millions de dollars versés par Goldman Sachs constituent une sorte de bouée de sauvetage pour le président en place. Cet argent contribue à maintenir le pays à flot: le Venezuela doit rembourser, à plus ou moins court terme, 17 milliards de dollars à ses créanciers et ne dispose actuellement que de 10 milliards de dollars de réserve.

Des profits sur le dos de la pauvreté ?

Au-delà de l’aspect politique, cette transaction est aussi perçue comme l’illustration de la recherche des profits à tout prix. Le Venezuela n’apparaît pas comme une destination de choix pour un investisseur, tant la situation semble empirer de jour en jour. Mais Goldman Sachs parie que la compagnie pétrolière, principale source de devises étrangères pour le pays, survivra au chaos. La banque juge que Caracas « remboursera en priorité les créanciers de la PDVSA, avant même d’acheter des médicaments ou de la nourriture pour une population qui en a grand besoin », note le quotidien britannique de gauche The Guardian.

Attaquée de toute part, Goldman Sachs a déclaré : « Le Venezuela vit une crise compliquée et nous pensons aussi que les conditions de vie doivent s’améliorer. Nous avons fait cet investissement car nous croyons que cela va être le cas ». La banque a également rappelé que d’autres investisseurs de renom s’étaient procuré des obligations vénézuéliennes.

Yazid Taleb