Réagissant à l’officialisation de Yennayer, le président du parti du Front de la justice et du développement Abdallah Djaballah a décrété que cette date phare du calendrier berbère était une fête païenne. La graphie latine est selon lui un plus apporté à la langue française et l’officialisation de cette date est un coup porté au modèle culturel unique du pays.

Cette figure du courant islamiste a traduit dans une seule intervention, toute l’aversion ressentie par une partie des sympathisants de ce courant qui se sont toujours opposés à la promotion de tamazight. Pour lui, son officialisation est née d’un calcule politicien et non d’une voleté politique réelle. « Yennayer est une fête païenne », a-t-il décrété, soulignant que les seules fêtes reconnues par l’islam sont Aïd El Adha et Aïd el Fitr.

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Il faut souligner que les interventions d’Abdallah Djaballah ne s’éloignent jamais du discours religieux instrumentalisé au profit d’une doctrine d’exclusion. Ses propos n'en sont, d’ailleurs qu’une émanation. Ainsi, la critique acerbe à laquelle il s’est livré dans l’entretien accordé à Sabqpress ce lundi se nourrit de cette intolérance maquillée par le fait religieux. Il s’agit aussi d’un tropisme amazigh qui ressurgit à chaque fois que la cause berbère avance d’un pas.

Sa réaction concernant le choix de la graphie latine dans la transcription de la langue peut en témoigner. A cet effet, il a soutenu qu’il fallait opter pour les caractères arabes et que les lettres latines ne sont qu’un plus pour la langue française.

En plus de se prendre pour un linguiste qu’il n’est pas, Djaballah se proclame gardien d’une « culture exclusive et unifiée ». « Le choix du ministère de l’Intérieur de publier un communiqué en caractères latins est un plus apporté à la langue française. Cela représente aussi un danger sur l’unité culturelle du pays et peut aboutir à une crise ». Djaballah a encore une fois raté une occasion de se taire.