Procès du détenu politique Karim Tabou / Le verdict sera rendu le 11 mars prochain

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L’audience a été levée à 4 h du matin et le juge a décidé de rendre son verdict mercredi 11 mars, dans le procès de l’homme politique et figure du Hirak, Karim Tabbou. Il s’est passé beaucoup de choses lors de cette audience, tant à l’intérieur du tribunal que dehors.

Au terme d’une audience qui aura duré plus de 18 heures, le juge a décidé de l’ajournement des délibérations et le renvoi de la prononciation du verdict au mercredi 11 mars, a indiqué le comité national pour la libération des détenus (CNLD).

Le parquet a requis une peine de quatre années de prison ferme, assortie d’une amende de 200.000 DA. Dans la salle plus d’une centaine d’avocats étaient présents. Une cinquantaine a plaidé.

Lors de son procès, l’intellectuel Fodil Boumala avait mis à nu un système liberticide. Hier, Karim Tabbou a réussi le même exploit en faisant, à son tour, le procès d’un régime qui continue de pratiquer la torture et l’intimidation pour faire taire ses opposants. Tabbou a révélé qu’ont l’a violenté avant d’arriver au tribunal. Il a également révélé qu’il avait subi des sévices durant son interrogatoire.

En parallèle, le voisinage du Tribunal de Sidi M’Hamed bouillonnait. La rue Abane Ramdane était noire de monde. Ils étaient nombreux à avoir fait le déplacement pour soutenir le détenu politique Karim Tabbou. Le rassemblement est devenu gigantesque jusqu’à ce qu’il soit dispersé par la violence.

La police a sublimant chargé les citoyens aux environs de 23H30, en usant de la trique. Certains de ceux qui sont venus soutenir le détenu se sont plaints d’avoir été matraqués et insultés. Ils ont été traités de « zouaves ».

Rappelons à la fin que Karim Tabbou avait été arrêté le 11 septembre 2019, devant son domicile à Douera dans la banlieue Ouest d’Alger, par des agents en civil.

Accusé d’ « atteinte au moral des troupes de l’ANP », il avait, par la suite, été placé en détention provisoire à la prison de Koléa

Le juge du tribunal de Koléa  l’avait remis en liberté provisoire, avant qu’il ne soit arrêté une seconde fois, quatorze heures plus tard.

La décision de son placement sous mandat de dépôt avait été prise par le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger.