A la veille de la campagne électorale, les mouvements anti-4eme mandat tentent leur dernière chance. Dans plusieurs villes algériennes des manifestations ont été organisées afin de dénoncer « la mascarade électorale ».

Bouira, Tébessa, Tizi-Ouzou, Batna, Constantine… toutes ces villes se sont mobilisées aujourd’hui afin de contester encore la candidature d’Abdelaziz Bouteflika. Dans la capitale, le mouvement était timide mais a quand même réussi à réunir environ 200 personnes ce matin face à la Grande Poste. Parmi la foule arrivée à 10 H 30, on trouvait des membres du RAFD, de RACHAD, du Front du refus, ou tout simplement des citoyens venus protester par eux-mêmes contre cette élection. « Nous sommes venues après avoir vu un appel à manifester à la télévision. Je ne suis avec aucun groupe je viens juste dire que je refuse un 4eme mandat », explique une femme dans la foule qui scande « Y en a marre de ce pouvoir! » ou « Contre le 4eme mandat »!

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Munis d’affiches anti-pouvoir et anti-système, les manifestants ont pu s’exprimer librement, entouré par un cordon sécuritaire de police. « On compte lutter jusqu’à l’élection afin de dire non au 4eme mandat. C’est notre seul moyen pour nous exprimer », explique Ghoul Hafnaoui, directeur de l’information d’Al Atlas TV, la chaîne de télévision fermée par les gendarmes pour sa ligne éditoriale un peu trop anti-Bouteflika. Ce dernier venu manifester ce matin est souvent interpellé par les protestataires qui lui donnent leurs revendications sur papier. Lassés de cette élection « jouée d’avance », les protestataires ont hurlé durant la matinée leur indignation critiquant la campagne électorale menée par les animateurs du Président-candidat. « Comment Sellal ose-t-il dire que nous demandons à Bouteflika de se représenter ? C’est faux, qu’a-t-il cet homme, soit il est obsédé soit il est amoureux d’Abdelaziz Bouteflika ! » s’indigne une Algéroise dans le groupe.

A moins d’une semaine avant l’élection présidentielle la protestation populaire semble prendre de l’ampleur. Mardi 8 avril, un important rassemblement réunissant près de 2000 étudiants a eu lieu à Béjaia dans le calme. Plusieurs mouvements ont été prévus dans tout le pays pour ce samedi 12 avril mais aussi en Kabylie et dans les Aurès le 15 avril. Toutefois,  toutes les manifestations ne sont pas une réussite, certains rassemblements ont été avortés comme à Constantine où « le sit-in que devait organiser le mouvement Barakat avec le mouvement Bezzaf de Constantine a été empêché par la police avant sa tenue », indique le mouvement Barakat dans un communiqué, qui dénonce l’interpellation de deux de ses membres par la police. A l’heure actuelle, ils n’ont toujours pas été libérés.

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