Une commission de censure pour la production cinématographique vient d’être officiellement instituée. L’arrêté ministériel du 21 juillet 2014, fixant la composition, les missions et le fonctionnement de la «commission de visionnage des vidéogrammes», vient d’être publié au journal officiel.

«La commission est chargée de visionner les films cinématographiques sur support vidéographique destinés à la vente, à la location et/ou à la distribution, pour l’usage privé du public», lit-on dans son article 2. Il est signifié, par la suite, que «ne peuvent obtenir un avis favorable de la commission les films cinématographiques sur support vidéographiques qui : portent atteinte aux religions ou à la guerre de libération nationale et à ses symboles ; glorifient le colonialisme ; incitent à la haine et au racisme ; portent atteinte à l’ordre public, à l’unité nationale ou aux bonnes mœurs ; portent atteinte aux droits d’auteur (article 3)».

Un véritable outil de censure d’autant plus que des formules comme «portent atteinte aux religions ou à la guerre de libération nationale», «portent atteinte à l’ordre public» ou bien «bonnes mœurs» sont assez vagues et peuvent être interprétés différemment. De cette manière, pour certains, la quasi-totalité des films occidentaux seront interdits à la vente ou à la location, puisque d’une manière ou une autre ils portent atteintes à la religion ou aux mœurs.

«Les films cinématographiques sur support vidéographique ayant fait l’objet d’un refus de visa ne peuvent faire l’objet de location, de vente ou de distribution», indique-t-on dans l’article 18, avant d’ajouter, dans l’article suivant : «Aucun film cinématographique sur support vidéographique ne peut être mis en exploitation commerciale sans l’apposition du visa du centre national de la cinématographie et de l’audiovisuel».

Heureusement pour les cinéphiles que le plus gros des produits mis en vente ou à la location ne passe pas par cette commission, étant donné que ceux-là sont souvent téléchargés illicitement…

Elyas Nour

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