La course pour l’exploitation du phosphate algérien bat son plein. Une nouvelle carrière de phosphate, la quatrième du genre, a été mise en exploitation cette année dans la wilaya de Tébessa, a annoncé mardi la direction de la société des mines de phosphate (Somiphos) relevant du groupe Ferphos. La nouvelle carrière va augmenter au fur et à mesure son volume de production. Actuellement elle produit entre 150 et 200 tonnes de phosphate brut par mois. Implantée sur le site de la région d’El-Hadba, à 14 km au sud des anciens gisements de phosphate de djebel Onk, cette carrière s’ajoute aux trois anciennes carrières en exploitation. La production prévisionnelle de phosphate attendue pour cette année est estimée à 3 millions de tonnes par an, avant de passer en 2015 à 10 millions tonnes et elle atteindra 12 millions de tonnes en 2020, ce qui devrait permettre à l’Algérie de rejoindre les rangs des plus grands pays producteurs de phosphate au monde, dominés notamment par les Etats-Unis, la Chine et le Maroc.

Le brut de phosphate est acheminé par Somiphos, par voie ferrée et par route, vers les installations de l’entreprise nationale Asmidal à Annaba, où les deux tiers du produit sont exportés à l’étranger, notamment vers l’Amérique latine, l’Europe et l’Asie. Le groupe de Ferphos dont le siège est à Tébessa, à prévu l’implantation prochainement dans la localité de Bouchegouf (Guelma), d’une usine d’extraction de l’acide phosphorique, produisant, au départ, environ 6 millions de tonnes par an. Le coût du projet qui permettra de créer 5.000 emplois permanents, est évalué entre 1,5 et 2 milliards de dollars. Les mines de fer d’Ouenza et Boukhadra, au nord de la wilaya de Tébessa, produisant annuellement entre 3 et 4 millions de tonnes de fer brut, sont exploités depuis quelques années, en partenariat entre Ferphos et ArcelorMittal, explique-t-on de même source. L’entreprise Somiphos dispose, par ailleurs, d’un centre d’étude et de recherches appliquées au développement (CERAD), considéré comme une entité économique et scientifique de l’entreprise dont la principale mission est de développer les méthodes de recherche, d’exploitation, de traitement et de transformation des minerais et sous produits dérivés de l’activité du groupe Ferphos. Le CERAD qui participe aux principales rencontres internationales et autres manifestations scientifiques organisées à travers le monde, assure aussi, des stages de perfectionnement à des chercheurs et des cours de pratiques aux étudiants de la faculté des mines de l’université de Tébessa.

La mise en place prochaine de trois plateformes d’exploitation de phosphate pour un coût de 5 milliards d’euros, dans l’Est algérien, devrait permettre à l’Algérie d’entrer dans le top five des pays producteurs de phosphates. Ces trois plateformes construites en partenariat avec l’Australie, l’Inde et le Pakistan permettront à l’Algérie de multiplier d’ici 4 à 5 ans, sa production en phosphate par 10, soit une production annuelle de 12 millions de tonnes contre 1,5 million actuellement. Le transport entre ces trois plateformes de phosphate sera assuré par la nouvelle ligne ferroviaire Tébessa / M’lila, au rythme de 15 à 16 trains par jour. La production qui sera rassemblée dans le complexe de Bouchegouf sera destinée à l’export via le port d’Annaba, dont les projets d’extension sont à l’étude pour augmenter sa capacité de transbordement de 15 millions de tonnes par an.

R.T.
Avec Le Financier

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