Emprunter l’autoroute est-ouest de nuit peut s’avérer extrêmement dangereux. L’absence d’éclairage et de signalisation adéquate rend le trajet périlleux.

Depuis la mise en service de cette autoroute qui traverse le pays de part en part, de nombreux accidents, dont certains mortels, ont été signalés dans les médias. Dernier exemple en date, dans la nuit du 24 au 25 août, un accident a causé la mort d’une personne au niveau de la localité de Zenouna. Comme l’explique El Watan, « un camion, et pour des raisons encore inconnues, a dérapé sur la route. Le chauffeur et le passager sont descendus pour vérifier les dégâts. À ce moment, une voiture touristique les a heurtés de plein fouet. Bilan : le passager S.B., 21 ans est décédé sur le coup, alors que le chauffeur du camion, A.B., 27 ans a été gravement blessé. »

Une autoroute quasiment jamais éclairée 

Cet accident n’est qu’un exemple parmi d’autres. Mais il révèle un des grands dangers qui menacent les automobilistes qui empruntent l’autoroute est-ouest de nuit : l’absence d’éclairage. La route n’est quasiment jamais éclairée, de sorte qu’il y a fait nuit noire. La visibilité est donc fortement réduite, sans que les automobilistes n’adaptent leur vitesse. Ce qui, à 120 km/h (vitesse maximale autorisée), représente un danger considérable.

Le danger est d’autant plus grand que la signalisation horizontale (marquages au sol) n’est pas réfléchissante. Les lignes qui délimitent les voies sont donc souvent invisibles. Par conséquent, de nombreux automobilistes roulent à cheval entre deux voies, ce qui rend les dépassements plus compliqués. De même, la ligne indiquant la bande d’arrêt d’urgence et celle signalant le terre-plein central s’évanouissent dans l’obscurité de l’autoroute.

L’absence d’éclairage constitue également un problème majeur en ce qu’il incite de nombreux automobilistes à rouler avec leurs feux de route. Les feux de route, qui éclairent jusqu’à environ 150 mètres devant la voiture, permettent en effet au conducteur d’avoir un champ de vision confortable, même en pleine nuit. Mais ces feux de route doivent absolument être remplacés par les feux de croisement lorsqu’il y a un risque d’éblouir un conducteur – voiture arrivant en sens inverse ou roulant pas loin devant. Or, la plupart des automobilistes qui empruntent l’autoroute est-ouest ne substituent jamais les feux de croisement aux feux de route, peu soucieux des autres conducteurs. Au-delà de l’agacement que cela peut susciter chez les conducteurs éblouis, ce comportement est un facteur de risques supplémentaire.

Des barrages de police sans éclairage ! 

Il est également important de noter que certains barrages de police ne sont pas suffisamment signalés. Ni panneau indicatif ni éclairage approprié, alors même que des policiers se trouvent sur les voies de circulation. De nuit, lorsqu’une voiture arrive à proximité d’un barrage non-indiqué en roulant à 120 km/h, on peut craindre le pire. L’absence de signalisation est un danger aussi bien pour les automobilistes que pour les policiers.

Dernier obstacle sur le trajet des conducteurs de nuit, le manque de stations-services sur le parcours. Par exemple, sur le tronçon reliant Oran à Alger (un peu plus de 400 km), il n’y a que deux aires de repos. Les automobilistes n’ont donc pas la possibilité de s’arrêter pour se reposer, se détendre, boire un café ou manger un sandwich. Les pauses sont pourtant essentielles pour contrer la baisse de vigilance qui intervient lors de longs trajets sur autoroute.

L’accent est souvent mis sur les affaires de corruption qui entourent la construction de cette autoroute, mais il ne faut pas oublier que le diable est (aussi) dans le détail. Manque d’éclairage, signalisation invisible et absence de stations-services sont autant de détails qui rendent la circulation sur l’autoroute est-ouest très dangereuse la nuit.

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