Dépenses militaires/L’Algérie au 14e rang mondial des pays les plus militarisés et après ?

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Un rapport publié récemment par une organisation indépendante, à but non lucratif basée à Bonn (Allemagne) a classé l’Algérie au 14èmerang des pays les plus militarisés au monde.

 

L’index global de militarisation (IGM) est un outil mis au point par le « Bonn International Center for Conversion » (BICC). Un organisme soutenu financièrement par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, chargé notamment, du suivi de l’évolution des capacités militaires dans différentes régions du monde et ce à travers la publication d’un index annuel. Les données fournies par cet index reflètent « l’importance relative de l’appareil militaire d’un pays par rapport à sa société dans son ensemble », il  compare, par exemple, les dépenses militaires au (PIB) d’un Etat et les compare également avec les budgets attribués au secteur de la santé pour avoir un indice de l’évolution des dépenses militaires.

Le rapport prend  également en considération, le nombre total des personnels œuvrant pour le compte de l’armée : paramilitaires,  militaires, civils et médecins proportionnellement à la population globale. L’(IGM) 2015 a passé au crible 152 Etats. Cet index démontre une croissance accrue des dépenses militaires reflétées par des chiffres à la hausse au niveau mondial. Malgré les données avares concernant la région Nord africaine, on retrouve cependant quelques statistiques intéressantes pouvant aider à faire une lecture de l’évolution du phénomène de militarisation dans notre pays et cela en prenant en considération la conjoncture économique et géopolitique actuelle.

Selon ce document, l’Algérie se hisse au 14e rang mondial manquant, ainsi, de peu le carré très fermé des dix pays connaissant une progression fulgurante du phénomène de militarisation. Les raison de cette militarisation accrue, sont une situation régionale et internationale instable nourrissant des appréhensions de responsables qui dépensent de plus en plus d’argent pour financer leurs armées.

Cependant, le rapport indique que si ce phénomène continue, sa progression dans les régions du monde connaissant une réalité économique difficile, issue d’une baisse substantielle des cours de pétrole, cela peut influencer négativement sur le rendement économique de ces pays. En allouant des budgets considérables au secteur de la défense, les gouvernements priveront d’autres secteurs économiques de la relance qui aurait pu être réalisée en adoptant une politique budgétaire équilibrée.

Les résultats de ce rapport nous poussent à nous interroger sur l’efficacité et le bon sens d’une politique qui alloue des budgets faramineux au secteur militaire au détriment des autres secteurs névralgiques et cela quelque soit son importance. C’est l’explosion sociale qui constitue aujourd’hui un risque majeur sur la sécurité nationale. Un risque renforcé par l’avenir économique morose qui s’annonce et qui risque d’être un facteur de déstabilisation pour notre pays. La progression du phénomène de militarisation en Algérie ne signifie donc nullement que sa sécurité est davantage protégée. L’Union soviétique constituait à l’époque une puissance militaire majeure qui s’est vite heurtée à ces contradictions surtout dans le domaine économique. La faillite de cette hyper-puissance et sa décadence en terme de perspectives économiques a conduit à son effondrement. L’Algérie doit tirer les leçons de cette amère expérience.

Massinissa M. 

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