ALGERIA - MARCH 01: The monastery of Tibhirine 7 years after the assassination of monks In Algeria In March, 2003-May 1989, Left to right: Brothers Luc (+), Christophe (+), Celestin (+), Bruno (+), Philippe, Jean-Pierre, Jean de la Croix, Michel (+) and Christian (+). Six of them were martyrized (+) in 1996. Paul, the seventh martyr is not on the photo. (Photo by Didier CONTANT/Gamma-Rapho via Getty Images)

Des éléments de l’expertise scientifique française sur les cranes des sept moines de Tibhirine assassinés en Algérie en 1996 ont été publiés ce jeudi. Les experts français ont mis à l’évidence des zones d’ombre remettant en cause la version des autorités algériennes. Les termes du rapport soulignent « une version des autorités algériennes qui ne tient pas debout ».         

Les résultats de cette expertise ont fait la une de plusieurs médias français. Les premiers éléments ont été publiés par France Info citant l’avocat des familles des moines, Patrick Baudouin. Selon lui, Les termes de ce rapport jettent le discrédit sur la version officielle avancée par les autorités algériennes.

Premier élément de la version algérienne à être rejeté : la date du décès. Selon le rapport médico-légal, la mort des sept moines trappistes est « antérieure à ce qui a été avalisé par les autorités algériennes». Ainsi, les victimes auraient été assassinées un mois avant la date avancée par les autorités algériennes. Après analyse, les experts ont déterminé la date de décès entre le 25 et le 27 avril 1996 et non le 21 mai de la même année comme avancé par Alger.

Me Baudouin a rajouté que les experts ont essayé de déterminer le jour exact de la mort des moines en faisant dater l’apparition d’insectes à l’intérieur des têtes. L’apparition de cocons d’insectes est selon eux, survenue avant la découverte des têtes, le 30 mai 1996.. De ce fait, « le décès serait antérieur de plusieurs jours à la découverte des têtes », expliquent les experts.

L’autre hypothèse avancée est celle des crânes qui ont été inhumés une première fois avant leur découverte. « L’absence de lésions identifiables de grignotage par des prédateurs permet d’exclure que les têtes des moines soient restées à l’air libre entre la date de la mort et le 30 mai 1996 », souligne cette expertise.

Par contre, la thèse d’une bavure d’un hélicoptère de l’armée algérienne a été affaiblie, sans pour autant être écartée définitivement.  « L’analyse au micro-scanner n’a pas révélé de particules métalliques sur les sept prélèvements osseux », a indiqué la même source, soulignant la nécessité de « relativiser cette conclusion dans la mesure où des particules de très petites tailles peuvent être en dessous du seuil de détection du micro-scanner ».

Pour ce qui est des décapitations, les scientifiques ont évoqué un « mécanisme d’égorgement ».  À ce sujet, les experts ont observé des « lésions d’égorgement » formellement constatées sur deux des moines. Ils évoquent « un mécanisme lésionnel coupant avec une lame à fil lisse ainsi qu’avec une lame à fil denté ». Les mêmes lésions sont « en faveur d’une décapitation post-mortem », affirment-ils.

Assassinat des moines de Tibhirine / L’expertise française évoque des anomalies dans la version officielle algérienne
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