Par Fayçal Anseur

Saluons pour commencer le peuple américain qui vient de dispenser une leçon de démocratie au monde – aux gouvernements européens surtout, qui devraient d’ailleurs en prendre de la graine- en portant à la Maison Blanche Barack Hussein Obama, un noir de père musulman.
Le 4 novembre 2008 est une date qui restera gravée dans les annales de l’histoire. Celle-ci retiendra également que les américains – ne l’oublions pas – ont vu passer 43 Présidents blancs, pour qu’enfin un afro-américain accède à la magistrature suprême. Il en a fallu du temps pour que l’American dream cesse de se limiter à de simples histoires de success stories hollywoodiennes, pour s’élargir enfin à la sphère du pouvoir politique.

De tous les évènements qui ont construits la légende de l’Amérique, qui fut esclavagiste dans le passé et où encore de nos jours être noir n’est pas un cadeau du ciel – pays de toutes les démesures et de tous les paradoxes- celui de l’élection du premier président noir mérite une motion spéciale.

Précisons cependant qu’Obama doit sa victoire en partie à la conjoncture actuelle marquée par la crise. La tourmente financière a joué en sa faveur quand elle a achevé de décrédibiliser profondément aux yeux de l’opinion publique américaine le clan Bush et les néo-conservateurs qui le soutiennent.

Cela implique que les américains et les peuples du monde entier placent beaucoup d’espoir en ce jeune Président charismatique. Cela signifie aussi qu’une réelle rupture s’est opérée dans l’esprit de beaucoup de gens qui se surprennent à retrouver foi en la démocratie. Pour la majorité Obama incarne l’homme providence, pour ne pas dire le « messie » au vu de la communion quasi mystique que provoque cet homme.

Il faudra peut être, une fois la liesse collective passée, penser pragmatique : il ne s’agit là que d’un homme, un homme politique qui certes a promis des choses bien, mais que ses promesses ne font pas de lui le sauveur du monde pour autant. Que peut un homme seul, quand bien même est-il porteur des meilleures intentions, face à tous les problèmes du monde ? Obama n’est en réalité que le catalyseur des aspirations de la majorité.

S’il doit commencer quelque part, ce sera chez lui, dans son pays, où il doit faire le ménage après huit années de règne bushiste catastrophique. Ensuite il doit éteindre les foyers de tensions allumés ça et là dans le monde par ce même clan sortant de Bush et faire face à la plus sévère crise économique que le monde ait connu depuis 1929.

Les irakiens, les palestiniens, les noirs, les africains et tous les laissés pour compte espèrent voir Obama voler à leur secours. Cela fait beaucoup de monde pour un seul homme. Parviendra-t-il à satisfaire toutes ces demandes ? Et le laissera-t-on faire ? Des interrogations sur lesquelles nous serons fixés bientôt, au regard de la politique que ce nouveau Président américain mettra en place les mois à venir.

Aujourd’hui, Obama, plébiscité par la vox populi , séduit par son unique originalité. Le fait qu’il arrive à créer un consensus autour de sa personne malgré ou grâce au fait qu’il soit américain, noir, chrétien, de mère blanche, de père musulman, montre que, à peu près tout le monde se reconnaît en sa personne. Ainsi, sur le plan symbolique, Obama incarne véritablement, et à lui seul, la notion du vivre ensemble. Cela demeure du domaine du possible donc, il en est l’exemple éloquent. Mais la question qui s’impose et que tout un chacun devrait se poser est la suivante: est-ce que l’homme sera à la hauteur du symbole ? Seul l’avenir nous le dira.

Wait and see !