Un dicton bien tunisien nous enseigne que « la vieille est emportée par le torrent; alors que pendant ce temps, elle prétend que cette année se distinguera par une excellente récolte ».

La propagande du fascisme sur le déclin en Tunisie continue, comme si de rien n’était, à insulter et dénigrer les résistants et leurs familles, comme le prouvent les derniers « articles » publiés par www.bilmakchouf.org; la presse jaune de « Kol Ennas » et « El Hadath », ainsi que les crottes des mercenaires déversées sur facebook.

Au moment, où Sidi Bouzid, Meknassi, Regueb, Menzel Bouzayane, Kasserine, Ben Guerdane, Sousse, Sfax brûlent et que les villes contestatrices se soulèvent l’une après l’autre, l’attitude du régime de Zinochet porte un nom en psychanalyse: cela s’appelle la dénégation.

Les dictateurs passent et se ressemblent. Ils se caractérisent tous par leur aveuglément. Il n’y a jamais que dans leur esprit que tout va bien; ils voient rarement leur dernier quart d’heure approcher.

UN TYRAN QUI A PEUR DE SON OMBRE

Je n’ai eu de cesse de rappeler la vérité historique sur les mouvements des peuples; de tous temps, aucune armée ni aucune police ne viennent à bout d’une volonté et d’une détermination populaires d’en découdre avec les tyrans.

Lorsque, de surcroît, celui qui a conduit des jeunes à aller au suicide dans des embarcations de fortune à la recherche d’un emploi en Europe, lorsque ce même tyran les amène à s’immoler par le feu ou à s’électrocuter en plein jour et à la vue de tous, lorsqu’enfin ce tyran est ce même poltron Ben Ali, un homme qui a peur de son ombre, son premier réflexe est de prendre la poudre d’escampette, de fuir.

Dans l’ignorance la plus totale de la plupart des gardiens du Temple, Zinochet et sa Smala ont pris le large avec l’espoir que le mouvement populaire s’use et qu’une accalmie s’impose.

Où donc a-t-on vu un semblant de chef d’Etat, qui se dit populaire et auquel les Organisations et les personnalités « emblématiques » appellent à ce qu’il se représente déjà, 4 ans avant l’échéance comique, s’en aller avec les saigneurs de la Tunisie, alors que le pays est en flamme? C’est sans doute sa popularité qui lui impose de se mettre à l’abri…

La chose aurait été assez risible si elle n’était pas tragique.

ET MAINTENANT…
?

Maintenant que le clan voyou des Trabelsi a quitté le pays avec le parrain Zine El Abidine BENALEONE, il faut que ces jeunes marchent sur Carthage. Il faut que les opinions nationale et internationale sachent que Ben Ali et sa famille sont partis comme des malfrats dans le noir de la nuit.

Il faut les obliger à ne plus revenir en Tunisie, jusqu’à ce qu’ils y soient traduits devant la Justice.

Aller à Carthage maintenant et tout de suite, ce n’est pas irréalisable. C’est à la portée de la jeunesse dans la rue, et ce ne peut être que salutaire pour tout le pays…

Slim BAGGA