Exclusif. Pour sa première intervention dans un média maghrébin, le grand intellectuel engagé américain Noam Chomsky* a choisi Algerie-Focus.Com.

Dans un entretien téléphonique qui a duré 40 minutes, Noam Chomsky nous a livré ses analyses sur les révoltes populaires en Tunisie, en Égypte et dans d’autres pays et l’embarras des États-Unis, d’Israël et de l’Europe, qui craignent de voir des régimes “amis” tomber et remplacés par des démocraties libres.

Nous avons également abordé avec lui plusieurs autres points : la situation en Algérie, le positionnement militaire américain dans la région du sahel, la nature de l’AQMI, etc.
Il a aussi été question dans l’entretien, des dernières révélations de wikileaks, de la politique d’Obama au Moyen-Orient, du cas iranien, de la politique israélienne, des attentats du 11 septembre,…

Deuxième partie

Algerie-Focus.Com: Dans son discours du Caire, Obama a appelé les gouvernements arabes à promouvoir la démocratie. Washington acceptera-t-il aujourd’hui que des pays comme l’Egypte, la Jordanie ou l’Arabie saoudite deviennent démocratiques, sachant que leurs peuples ont toujours été contre la politique de soumission de leurs dirigeants à Washington et à Tel Aviv ?

Noam Chomsky : Nous devrions nous rappeler que tout le monde dit combien nous aimons la démocratie, y compris Staline, George Bush, et toute personne à laquelle vous pouvez penser. Oui, nous aimons tous la démocratie, mais personne ne prête aucune attention dans son for intérieur à cette rhétorique et regarde ce qu’ils font tous. C’est la même chose avec Obama. J’ai été franchement ébahi par l’impression qu’il a fait dans le monde arabe avec son discours du Caire. Tout ce qu’il faut faire pour comprendre ce discours, c’est relire la conférence de presse donnée sur le chemin du Caire.

Car Obama a donné, bien entendu, une conférence de presse. On lui a posé la question : Allez-vous dire quelque chose sur le gouvernement autoritaire de Moubarak ? – autoritaire étant un pléonasme – et Obama a répondu : Je n’aime pas coller des étiquettes aux gens, c’est un homme bon, il fait des choses biens, il sauvegarde la stabilité, c’est un allié, donc pas de critique. Comment peut-on écouter ces mots et prendre au sérieux une de ses rhétoriques, franchement cela me dépasse !

Il y a eu une courte période d’enthousiasme pour Obama, elle a peut-être duré un peu plus longtemps dans les milieux éduqués, mais parmi la population générale elle a décliné très rapidement. Tout ce que vous avez à faire c’est de prendre connaissance des enquêtes faites dans l’opinion publique « arabe » qui sont réalisées régulièrement par les agences de statistiques occidentales. Elles sont réalisées, mais pas publiées dans la presse à l’Ouest car on n’aime pas leurs résultats. Par exemple, une indication du complet mépris pour la démocratie dans les cercles intellectuels, y compris dans les cercles politiques, a été donnée par les révélations de Wikileaks.

Les plus intéressantes, à mon avis, sont celles concernant l’Iran. Pas tellement par les révélations elles-mêmes mais par les réactions qu’elles ont suscitées de la part des commentateurs. Le gouvernement, les journalistes, les intellectuels et les autres ont tous été vraiment excités et enthousiastes à propos du fait que les dirigeants Arabes soutenaient, prétendument, la politique américaine à propos de l’Iran. Ceci est vraiment intéressant, car si vous êtes un minimum informés, vous savez que les principales enquêtes faites auprès de l’opinion publique arabe ont été réalisées par le Brookings Institute, un des plus important think-tank à Washington. Ces enquêtes, montrent que parmi le public dans le monde arabe, quelques-uns soutiennent effectivement la position Européenne et Étasunienne, que l’Iran est une importante menace : principalement 10 %; alors que, par ailleurs, – comme on peut le deviner – 80 % pensent que les US et Israël, (88% dans le cas d’Israël), sont les menaces majeures.

L’antagonisme vis à vis de la politique américaine est si extrême qu’une majorité de la population dans le monde arabe pense que la région serait plus sûre si l’Iran possédait des armes nucléaires, et c’est ça la menace iranienne. Mais lorsque vous méprisez totalement la démocratie, cela n’a pas d’importance. Si les dictateurs nous soutiennent, alors qu’importe ce que pense la population. Et cette réaction a été quasi uniforme. Il a fallu que je recherche très précisément pour trouver une exception à cette réaction : aux États-Unis, en fait, où j’ai fait une recherche dans les archives, les enquêtes sur l’opinion publique n’ont pas même été rapportées, et à peine en Angleterre. Voilà quelle est l’attitude envers la démocratie : si tout est sous contrôle alors qu’importe !

Cela remonte très loin dans le temps. Par exemple, nous savons, selon des documents déclassés aujourd’hui, qu’en 1958 le Président Eisenhower a soulevé la question pendant une discussion interne, pour savoir pourquoi il y avait, ce qu’il a appelé : une campagne de haine contre nous dans le monde arabe ? Et cela non pas de la part des gouvernements qui nous soutenaient, mais de la part des peuples. La plus haute agence du Conseil National de Sécurité, à peu près au même moment, avait publié une étude secrète, déclassifiée, qui expliquait que la perception que le monde arabe avait des US, était que ces derniers soutenaient des dictateurs durs et brutaux, bloquaient la démocratie et le développement, et que nous (les US) le faisions car nous voulions maintenir le contrôle sur leurs ressources pétrolifères. Cela continuait en expliquant que cette perception était plus ou moins précise.

C’est ce qu’il convient de faire et c’est le principal : si la population peut être contrôlée et si le dictateur nous soutient alors c’est suffisant. C’était en 1958, c’est, depuis, la même politique dans le reste du monde, et, en fait, il existe même une variante locale qui est également applicable. C’est ce que nous voyons aujourd’hui et c’est ce qui devrait prioritairement surprendre les gens, s’ils sont un peu au fait de la nature de l’histoire et des archives documentaires. Mais c’est encore plus évident lorsqu’on regarde les actions. Par exemple : il y a eu une seule élection vraiment libre dans le monde arabe, c’était en Palestine, en Janvier 2006. Cette élection a été menée avec attention. Tout le monde s’accorde sur sa liberté et sa justice. Immédiatement après l’élection, en quelques jours, Israël et les US ont initié un programme de punition, sévère, contre le peuple palestinien parce qu’il a mal voté pendant une élection libre. Que peut-on vouloir savoir de plus, particulièrement quand on sait que cette politique est suivie de par le monde et pas seulement au Moyen-Orient.

C’est, d’ailleurs, un fait reconnu par les universitaires conservateurs, ils prétendent qu’ils n’aiment pas ça et qu’il ne le comprennent pas, mais ils le reconnaissent. Le meilleur travail de recherche universitaire conclut en effet, que les US soutiennent la démocratie si, et seulement si, elle se conforme aux leur objectifs économiques et stratégiques. Cela a été écrit dans la principale étude présentée par O’Neil Reagan du Département d’Etat sous Reagan, et intitulée « Scope of Democracy Promotion  » Portée de la promotion de la démocratie ».

A propos des révélations de Wikileaks, pensez-vous que ces révélations soient une tentative de manipulation de l’opinion publique américaine pour préparer une éventuelle attaque contre l’Iran ?

Non je ne pense pas, en fait Washington n’aime pas du tout ça. En revanche, cela donne une description raisonnablement précise et exacte de ce que racontent les dictateurs arabes à Washington. Seulement cela peut ou ne pas être leurs opinions, car il ne faut pas oublier que toutes les correspondances diplomatiques sont filtrées. Les diplomates sur le terrain entendent ce qu’ils veulent entendre et transmettent à Washington ce qu’ils savent que Washington veut entendre. Donc cela peut ou ne peut pas être une exacte description de l’étendue des opinions parmi les dictateurs arabes, mais cela pourrait bien l’être. Néanmoins, ce que nous devons garder à l’esprit c’est que même prises littéralement ce sont les opinions des dictateurs, les populations sont elles totalement en opposition, mais cela n’a pas d’importance pour l’Occident, tant que ces dernières sont sous contrôle.

Quant à l’idée que Wikileaks est manipulé, bien qu’elle soit répandue dans certaines parties du monde, je ne pense pas que cette idée soit fondée.

Entretien réalisé par Fayçal Anseur
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Lire la première partie : Pr Noam Chomsky: ” Les évènements en Tunisie et en Egypte ne sont comparables nulle part ailleurs dans le monde”

Entretien en Anglais

Algerie-Focus.Com : In his Cairo speech Obama, called for Arab governments to promote democracy but do Washington would really accept that countries like Egypt, Jordania or Saudi Arabia become true democracies, knowing that their public opinions are against the submission of their leaders to Washington and Tel Aviv policies ?

Noam Chomsky
: We should remember that everyone talks about how much they love democracy, that includes Stalin, George Bush, anyone you can think of. Yes we all love democracy but nobody in their right mind pays any attention to that rhetoric and take a look at what they do all. It is the same with Obama I was frankly astonished that he made such an impression in the Arab world with that speech. All we had to do to understand the speech was to have a look at his press conference on the way to Cairo.

He did, of course, had a press conference, and he was asked “are you going to say anything about the authoritarian Mubarak government?” – Authoritarian was a bit understatement – and Obama said “I don’t like to use label for folks, he is a good man, he’s doing good things, he’s preserving stability he’s an ally, so no criticism. How anybody can hear those words and take seriously any of his rhetoric is frankly beyond me.

There was a short period of enthusiasm about Obama, maybe it lasted longer among the educated sectors, among the general population it declined very fast. All you have to do is to have a look at the polls in Arab public opinion which are regularly taken by western polling agencies they are realised but not published in the western press they don’t like the results. So for example take the one indication of the utter contempt for democracy in Western intellectual circles, including political circles, was in fact given by the Wikileaks revelations.

The most interesting, I thought, were the ones about Iran. Not so much what was released but how the commentators reacted to them. The government, writers in the press, intellectuals and others were quite excited and enthusiastic about the fact that allegedly Arab rulers support US policy on Iran ; which is quite interesting because if you are literate, minimally literate, they know that major polls of Arab public opinion had been released by the Brooklyn Institute a Washington major think tank and they show that among the public in Arab world some did support the US and European position that Iran is a great threat: mainly 10%, meanwhile the major threats were, as we could have guessed, are the US and Israel about 80 %, in the case of Israel 88 % thought these are the major threats.

In fact, the antagonism towards US policy is so extreme that a majority of the population in the Arab world thought that the region would be more secure if Iran had nuclear weapons and that’s Iranian threat. But when you have total contempt for democracy, that doesn’t matter the dictators support us, so what the matter with what the population thinks. And that reaction was almost uniform in fact I had to look hard to find any exception to it in the US, at least where I check the record, the public opinion polls were not even reported, they’ve been a little reported in England but barely. Well that is the attitude towards democracy, if everything is under control it doesn’t matter.

And that goes very far back. For example, we know from declassified documents now. In 1958 President Eisenhower raised the question with an internal discussion, why there is what he called a campaign of hatred against us in the Arab world. And not from the governments who were supportive but from the people and the highest ___ agency the National Security Council at about the same time released a secret study, declassified, in which the explained it they said there is a perception in the Arab world that the US supports harsh and brutal dictators and blocks democracy and development and we do that because we want to maintain control over their oil supplies and it went on to say that this perception is more or less accurate.

And that’s what we ought to be doing: well, that’s the principal, if the population can be controlled, it’s sufficient that the dictators support us- that was 1958 and it’s been the same policy in the rest of the world and in fact there’s a variant of the same policy that applies at home too, well that’s what we see today and what should only surprise people if they are goofily behind the nature of history and the documentary record in fact it’s even more obvious when you look at the actions for example it has been one really free election in the Arab world, in Palestine in January 2006 carefully monitored election. Everyone agreed that it was free and fare. Immediately after the election, within days, Israel and US and initiated a program of punishing, harshly punishing, the Palestinians people because they voted the wrong way at a free election. What more do you have to know, especially when you know that that policy is followed all over the world it’s not just the middle east.

in fact that is recognized by conservative scholarship they claim that they don’t like it and that they don’t understand but they recognize that the best scholarly work that the US supports democracy if and only it conforms the strategic and economic objectives it was written that way by the main scholar of the “scope of democracy promotion” it happens to be Neil Regenity in Reagan State department.

Talking about the Wikileaks revelations ? Iran is obviously the big looser and Israel seems to be Do you think the revelations came as a trick of Washington to manipulate the American public opinion ?

No I don’t think, I fact they don’t like it at all. it is probably a reasonably accurate description of what the dictators tell of Washington it’s only that it may not be their opinions because remember that in any diplomatic correspondent there is a good deal of filtering the diplomats in the field goes to Embassies and they are hearing what the want to hear and they are transmitting to Washington what they know Washington wants to hear. So it may or may not be an accurate description of the range of opinion among the Arab dictators but it could be. however what we should bear in mind is even if we take it literally it is the opinion of the dictators, the population is overwhelmingly opposed but it doesn’t matter in the West as long as they are under control.

The idea that Wikileaks is manipulated though I know that is believed in parts of the world I don’t think that there is any merit to that idea

Interviwer Fayçal Anseur
http://www.algerie-focus.com//

Entretien en Arabe

: Algerie-Focus.Comفي خطابه في القاهرة, دعا أوباما الحكومات العربية إلى تعزيز الديمقراطية. هل تقبل واشنطن اليوم أن تصبح دول كمصر , الأردن والسعودية ديمقراطية؟ علمًا أن شعوب هذه الدول كانت تعارض دائمًا سياسة التنازلات التي يتبعها حكامها تجاه واشنطن وتل أبيب.

تشومسكي: يجب التذكير أن الجميع يتحدث عن حبه للديمقراطية حتى ستالين, جورج بوش أو أي شخص آخر ممكن تصوره! نعم, إنهم يحبون الديمقراطية ولكن لا أحد يدقق بعمق في هذا التعبيرويرى ما يفعلونه جميعا. الأمر مماثل بالنسبة لأوباما . ولقد أذهلني صراحة الإنطباع الذي تركه خطابه في القاهرة لدى العالم العربي. في حين أن كل ما يجب فعله لفهم هذا الخطاب , هو أن نربطه بالمؤتمر الصحفي الذي عقده وهو في طريقه إلى القاهرة.
فكما هو معلوم , لقد عقد مؤتمرًا صحفيًا حيث ُطرِح عليه السؤال التالي: « هل ستعلقون على حكومة مبارك الإستبدادية ؟-وكلمة إستبدادية هنا ملطّفة- وقد أجاب أوباما: »لا أحب أن أحكم على الناس, هو رجل صالح يقوم بإشياء جيدة, يحفظ الإستقرار, هو حليف إذًا لن أنتقده. » كيف يمكن لأي كان أن يسمع ذلك ويأخذ على محمل الجد هذه الترهات؟ هذا حقا غير معقول بالنسبة إلي!
لقد مرت فترة قصيرة ساد فيها الحماس لأوباما- طالت أكثر ربما في أوساط المثقفين- ولكنه سرعان ما تضاءل لدى عامة الشعب. وكل ما يجب فعله هو الإطلاع على إستطلاعات الرأي العام « العربي » التي قامت بها وكالات الإحصاء الغربية. وهي نُفّذت ولم تُنشر لأن نتائجها لم تعجبهم. وقد ظهر , على سبيل المثال في تسريبات ويكيليكس, مؤشر على الإذدراء الكامل للديمقراطية في الدوائر الثقافية وكذلك السياسية.
التسريبات الأهم ,برأيي, هي تلك المتعلقة بإيران. ليس لجهة مضمونه بل لجهة ردود الفعل والتعليقات التي أثارتها. لقد ملأ الحماس كل من الحكومة, الصحافيون, المثقفون وغيرهم واهتزوا طربًا لحقيقة تأييد الحكام العرب للسياسة الأميركية تجاه إيران , وهذا حقيقة جد مهم. فمن يملك الحد الأدنى من المعلومات, يعرف أن إستطلاعات الرأي الرئيسية للرأي العام العربي نفذها  » معهد بروكينغز » ((Brookings Institute , أحد أبرز مراجع القرار في وشنطن. وقد أظهرت هذه الإستطلاعات أن قسما صغيرا( تحديدا 10%) من جماهير العالم العربي يؤيدون الموقف الأوروبي والأميركي الذي يعتبر إيران خطراً مهمًا . في المقابل, وكما يمكن التخمين, 80% (88% في حالة إسرائيل) يعتبرون أن الولايات المتحدة وإسرائيل هما الخطر الرئيسي.
لقد بلغ العداء للسياسة الأميركية حدأ كبيراً إلى درجة أن أغلبية الشعوب العربية تعتقد بأن العالم العربي يصبح أكثر أمناً إذا امتلكت إيران أسلحة نووية, وهذا هو الخطر الإيراني (بالنسبة إلى الأميركيين) أما إزدراء الديمقرطية فليس مهمًا . كما هو غير مهم ما تظنه الشعوب طالما أنهم يحظون بتأييد الحكام. ورد الفعل هذا شبه موحد. لقد توجب علي أن أبحث بدقة عن إستثناء لرد الفعل هذا. وفي الواقع, لقد بحثت, في الأرشيف: هذه الإستطلاعات في الولايات المتحدة لم تُنشر حتى, وبالكاد في إنجلترا. هذا هو الموقف من الديمقراطية إذن: ما دام كل شيء تحت السيطرة, فلا شيء يهم!
يعود ذلك إلى زمن بعيد. على سبيل المثال, وحسب وثائق رُفعت عنها السرية اليوم, طرح الرئيس أيزنهاور , في العام 1958 , السؤال عن سبب ما أسماه  » حملة الكراهية » ضدنا في العالم العربي لجهة الشعوب وليس الحكام الذين كانوا يدعموننا. في الوقت ذاته, نشرت أعلى وكالة في مجلس الأمن القومي دراسة ً سرية (نشرت فيما بعد) شرحت فيها أ، العالم العرب ينظر إلى الولايات المتحدة باعتبارها داعمة للديكتاتوريين القاسين والعنيفين الذين يعرقلون الديمقراطية والتطور. وأننا (الأميركيون) نفعل ذلك لأننا نريد السيطرة على مصادر النفط. وقد استمر ذلك مع الشرح بأن هذه النظرة تفتقر إلى الدقة. هذا ما يجب فعله بشكل أساسي (بالنسبة إلى ألأميركيين): يكفي أن تتم السيطرة على الشعب وأن يدعمنا الديكتاتور.
كان ذلك في العام 1958, ومنذ حينه تطبق السياسة عينها التي يمكن أن تنسحب على الواقع المحلي مع أنه مختلف. وهذا ما نراه اليوم, وهو ما يجب أن يذهل التاس إذا اطلعوا على القليل من التاريخ وووثائق الأرشيف. ويتجل أيضا أكثر في التطبيق. مثلا: إن الانتخابات الحقيقية والحرة في فلسطين هي الوحيدة التي جرت في العالم العربي, في كانون الثاني (يناير)2006 وتحت المراقبة(الدولية). والكل أجمع على حريتها وصحتها. ولكن, وبعد أيام قليلة, سرعان ما بدات اسرائيل والولايات المتحدة تطبيق برنامج عقوبات قاسٍ ضد الشعب الفلسطيني لأأنه صوّت بشكل سيء في انتخابات حرة. ما الكطلوب معرفته أكثر خصوصاً عندما نعلم أن هذه السياسة متبعة في العالم وليس فقط في الشرق الأوسط؟
هذا الواقع معروف من قبل الجامعيين المحافظين. يدعون رفضهم وعدم فهمهم له لكنه يعترفون به. لقد خلص أفضل بحث جامعي أ، الولايات المتحدة تدعم الديمقراطية , فقط وفقط لا غير , إذا خدمت أهدافها الإقتصادية والاستراتيجية. هذا ما كتبه أونيل ريغان, من وزارة الخارجية في عهد ريغان, في دراسة رئيسية قدمها تحت عنوان » مجالات تعزيز الديمقراطية ».

: Algerie-focus.com هل تعتقدون أن تسريبات ويكيليكس هي محاولة لتضليل الرأي العام الأميريكي والتحضير لهجوم محتمل ضد إيران؟

تشومسكي: كلا لا أعتقد. في الواقع واشنطن لا تحب ما حصل. إنها (التسريبات) تتعطي وصفاً دقيقاً وصحيحاً لما يرويه الديكتاتوريون العرب لواشنطن. قد تكون تلك آراؤهم وقد لا تكون لأننا يجب ألا ننسى أن معظم المراسلات الديبلوماسية تغربل. فالديبلوماسيون يسمعون ما يودون سماعه وينقلون ما يعلمون أنه ما تريد واشنطن معرفته. إذاً لا يمكن أن نعتبرها وصفا دقيقا لآراء الحكام وقد تكون كذلك.
على كل حال, حتى لو أخذنا بحرفيتها, فهي تبقى آراء الحكام التي تعارضها الشعوب, ولكن ذلك غير ذي معنى بالنسبة إلى الغرب طالما انها (الشعوب) تحت السيطرة.
أما فكرة أن ويكيليكس مضلَّلة, ومع انها رائجة في بعض أنحاء العالم, فلا أعتقد أنها مبنية على أساس صحيح.

حاوره فيصل عنصر, رئيس تحرير صحيفة “Algerie-Focus.Com

(*)Biographie de Noam Chomsky

Noam Chomsky, originaire d’une famille juive de Pennsylvanie, passe son enfance absorbé par la lecture. Après son doctorat, il se lance dans la linguistique, en rejetant les idées en vigueur. Il est connu comme le fondateur de la grammaire générative transformationnelle et enseigne la linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology) à partir de 1955, puis y devient professeur honoraire.

Noam Chomsky s’engage publiquement en politique, notamment contre la guerre du Viêt-nam dont il est l’un des principaux opposants. Ses sujets de prédilection : la guerre et la paix, l’intelligence, la créativité, l’humanité, les sciences sociales… dépassent très largement la linguistique. Avec plus de 30 livres et 700 articles, il est l’un des auteurs les plus cités.

Très connu pour son activisme politique et notamment sa critique de la politique étrangère des États-Unis- notamment leur soutien inconditionnel à Israël- et des médias, Noam Chomsky, sympathisant de l’anarcho-syndicalisme, se définit lui-même comme un anarchiste socialiste. Chomsky considère que le mot “terrorisme” permet aux gouvernements de se dédouaner de la dimension terroriste de leurs propres politiques. Il est également un fervent défenseur de la liberté d’expression.

En ce qui concerne les médias, Noam Chomsky a cherché à révéler les processus par lesquels ceux-ci tendent à enfermer les sociétés démocratiques dans un carcan idéologique. Il montre comment les médias inondent l’électorat sous un flot d’informations beaucoup trop dense pour qu’il puisse servir de support à la réflexion et qui conduit à des analyses à sens unique, basées sur des présupposés jamais remis en question. Démythifiant la prétendue neutralité des médias, Chomsky dévoile leur servilité envers le pouvoir.

Très apprécié à l’extrême gauche, Noam Chomsky est soumis à de vives critiques de la part des libéraux et des partisans de la droite américaine. Cependant, reconnu comme l’un des plus grands intellectuels vivants, Noam Chomsky a reçu de nombreux diplômes honorifiques des plus grandes universités du monde. Il est l’auteur d’une centaine de livres.

نبذ ة عن حياة وأفكار نعوم تشومسكي:
أمضى نعوم تشومسكي , النمحدر من عائلة يهودية من بنسلفانيا, طفولته منغمساً في المطالعة. بعد نيله شهادة الدكتوراه, تفرّغ للبحث في علم الألسنيات رافضًا بقوة بعض الأفكار. يعرف بأنه مؤسس قواعد النحو التوليدي المتحول. قام بتدريس علم الألسنيات في معهد ماساتشوستس للتكنولوجيا منذ العام 1955, ليصبح لاحقاً أستاذا فخريا لهذه المادة.
إنخرط تشومسكي في الشأن السياسي العام , وكان أبرز المعارضين لحرب فييتنام. تخطت إهتماماته مجال الألسنيات لتشمل قضايا: الحرب والسلام, الذكاء, الإبداع, الإنسانية والعلوم الإجتماعية. يعتبرمن بين المؤلفين الأكثر ذكرًا كمراجع لبحث خاصة وأنه خط ما يزيد عن ال30 كتابا و700 مقال.
إشتهر بحراكه السياسه لا سيما انتقاده لوسائل الإعلام و للسياسة الخارجية الأميركية خصوصا لدعمها غير المشروط لاسرائيل. كما عرف بتعاطفه مع العمل النقابي الفوضوي , واصفا نفسه با”لإشتراكي الفوضوي”
يعتبر نعوم تشومسكي أن مصطلح “إرهاب” يسمح للحكومات بتبرير البعد الإرهابي لسياساتها الخاصة. وهو من أشد المدافعين عن حرية التعبير.
فيما يتعلق بوسائل الإعلام , فضح تشومسكي علاقتها الملتبسة بالسلطة نازعًا القناع عن فكرة حيادها المزعوم. وجهد في كشف الطرق التي تتبعها لتقييد المجتمعات الديموقراطية أيديولوجياً. فهي تغرق الناخبين بكم هائل وكثيف من المعلومات بشكل موجه يفرض عليهم تحليلات ذات معنى موحد مبنية على إفتراضات جدلية.
يتعرض تشومسكي , المقدر جدا من اليسار المتطرف, لانتقادات شديدة من قبل الليبراليين وأنصار اليمين الأميركي. مع ذلك, نال العديد من شهادات الشرف من أرقى الجامعات في العالم ليبقى معروفًا كأحد أكبر المفكرين الأحياء.