C’est l’armée qui a pris les choses en main en Algérie. A l’annonce de l’organisation de manifestations à Alger contre le régime, les généraux ont décidé de gérer eux-mêmes cette crise.

C’est une incroyable série d’erreurs qui a, d’après la CIA, précipité la chute de président égyptien Hosni Moubarak. La première est sans aucun doute la décision de couper les communications.

En effet, la veille du vendredi 28 janvier, les autorités égyptiennes ont instauré un black out total en brouillant les communications téléphoniques et la connexion internet. Ainsi, lors des violents affrontements qui sont survenus après la prière du vendredi, plusieurs unités mobiles de la sécurité centrale se sont retrouvées entièrement coupées de leur commandement. C’est à ce moment qu’elles ont pris individuellement la décision de se retirer des rues du Caire et des autres villes égyptiennes. Du coup, la chaîne de commandement s’est littéralement brisée et le ministère de l’Intérieur est apparu complètement démuni de moyens de répression.

D’après les notes de la CIA sur la gestion de la crise qui a emporté le pouvoir de Hosni Moubarak, une autre erreur lui a été fatale. Alors que la nomination d’un vice-président en la personne du général Omar Souleiman aurait pu calmer la rue, le fils du président, Gamal Moubarak ainsi que les pontes du PND -parti au pouvoir- ont lancé des hordes munies d’armes blanches et de bâtons à dos de chameaux et de mulets contre les civils désarmés. Cela a fini par convaincre la population égyptienne que si les manifestants venaient à rentrer chez eux, le pouvoir allait se déchaîner contre l’opposition et se livrer à une répression implacable. Les images de cette journée de mercredi ont radicalisé la contestation et terni définitivement l’image de Hosni Moubarak.

La troisième erreur que le pouvoir a commise est celle de s’être coupé de la réalité du peuple. D’après les diplomates américains, Moubarak, le président du parlement Fathi Sorour, le secrétaire général du PND Safouat Charif et le général Omar Souleiman, n’avaient aucune emprise sur la réalité. En plus, ils se contentaient de gérer d’après les rapports du ministre de l’Intérieur le général Habib Al Adly. Ce dernier était plus préoccupé par son propre enrichissement que par la gestion sécuritaire. D’ailleurs, alors que le mardi 25 janvier, plus de 100 mille manifestants avaient envahi les rues du Caire, Al Adly a remis au président Moubarak une note qui parlait de 15 mille manifestants seulement. Le ministre de l’Intérieur a également sous-estimé l’appel à une journée de colère après la prière du vendredi. Les forces de sécurité n’avaient pas assez de moyens logistiques pour lutter efficacement contre des millions de manifestants. D’après la CIA, il fallait que Moubarak ordonne le déploiement de l’armée le mercredi 26 janvier ou le jeudi 27 janvier, mais Habib Al Adly a tout fait pour ne pas montrer qu’il était dépassé par les événements.

L’ultime erreur du président déchu est qu’il n’ait pas pu s’inspirer du précédent tunisien. La famille de Moubarak, notamment son fils Gamal ont continué à jouer un rôle primordial auprès de lui jusqu’à la dernière minute. C’est cet élément qui a fait que l’armée a refusé de se ranger clairement contre le peuple. « L’armée égyptienne est très dévouée à Moubarak auquel elle voue un énorme respect, mais se salir les mains pour que Gamal et ses amis en profitent l’a dissuadée d’agir contre les manifestants », explique à Maghreb-intelligence un général égyptien à la retraite.

(maghreb-intelligence.com)