Le Conseil national de transition (CNT) libyen a formellement démenti jeudi avoir promis d’attribuer à la France 35% du pétrole brut de la Libye, comme le rapporte le quotidien Libération.

Le quotidien reproduit une lettre présentée comme émanant du CNT, rédigée en arabe et adressée selon lui au cabinet de l’émir du Qatar, avec copie au secrétaire général de la Ligue arabe.

Daté du 3 avril, soit moins de trois semaines après l’adoption à l’Onu de la résolution 1973 ouvrant la voie à une intervention militaire de l’Otan contre le régime de Mouammar Kadhafi, le document évoque un accord « attribuant 35% du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre Conseil », selon la traduction de Libération.

Le porte-parole du CNT, Mahmoud Shammam, qui, selon le journal, aurait été désigné pour signer cet accord, a formellement démenti l’information.

Les nouvelles autorités ont promis de favoriser la France

Une source gouvernementale française a déclaré : « On n’a rien entendu de tel ». « On est vigilants pour que les entreprises françaises soient en première ligne. Ceci dit, je ne pense pas qu’on ait des accords plus précis que ça », a-t-elle ajouté.

La présidence de la République a dit n’avoir pas d’autre commentaire à faire que les déclarations d’Alain Juppé. Le ministère de l’Energie et le groupe pétrolier français Total (TOTF.PA: Cotation) n’ont quant à eux pas souhaité faire de commentaire.

UNE INFORMATION FAUSSE ?

Une source dans l’industrie pétrolière a estimé qu’il s’agissait d’une fausse information.

« Il faut faire attention. Ce chiffre de 35%, qu’est ce qu’il vaut ? Pourquoi pas 38 ou 33% ? On ne sait pas s’il s’agit de contrats pétroliers existants ou ceux a venir », a-t-elle dit.

Le philosophe Bernard-Henri Lévy, qui entretient des contacts réguliers avec les représentants du CNT et a joué un rôle important dans l’engagement de la France dans l’intervention militaire en Libye, a lui aussi émis des doutes.

« Cette lettre traîne sur le net depuis début avril. Ce ‘Popular Front’ dont elle émane n’est pas le Conseil national de transition », a-t-il dit. « Si, par ailleurs, vous lisez attentivement cette lettre, vous verrez qu’il y a des propos, en particulier sur certains responsables du CNT, qui font sérieusement douter de son authenticité. »

Jusqu’au début de l’année, la Libye produisait environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, ce qui la classait au 17e rang mondial. Mais ses pompages ont fortement diminué ces derniers mois.

Le philosophe Bernard-Henri Lévy, qui entretient des contacts réguliers avec les représentants du CNT et a joué un rôle important dans l’engagement de la France dans l’intervention militaire en Libye, a lui aussi émis des doutes.

« Cette lettre traîne sur le net depuis début avril. Ce ‘Popular Front’ dont elle émane n’est pas le Conseil national de transition », a-t-il dit. « Si, par ailleurs, vous lisez attentivement cette lettre, vous verrez qu’il y a des propos, en particulier sur certains responsables du CNT, qui font sérieusement douter de son authenticité. »

Jusqu’au début de l’année, la Libye produisait environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, ce qui la classait au 17e rang mondial. Mais ses pompages ont fortement diminué ces derniers mois.

Le pays détient les plus importantes réserves de brut d’Afrique.

Le groupe Total participera à une mission de sociétés françaises organisée le mois prochain en Libye dans le but de faire un bilan de la situation sur le terrain, a dit mardi le responsable de la Chambre de commerce franco-libyenne.

En juin et en juillet, Total, qui fait partie des groupes pétroliers qui ont le plus d’investissements en Libye, aux cotés du britannique BP (BP.L: Cotation) et du russe Gazprom (GAZP.MM: Cotation), figurait déjà parmi les sociétés françaises qui s’étaient rendues à Benghazi dans le but d’établir le contact avec le CNT avec l’appui du gouvernement français.

Le groupe a déclaré qu’il suivait la situation avec attention, dans le but de savoir quand ses activités pourraient redémarrer en Libye.

Le Medef et la Chambre de commerce franco-libyenne organiseront le 6 septembre à Paris une conférence en vue de réunir toutes les entreprises françaises opérant en Libye et de discuter des projets du CNT.

Reuters

(*) Le titre est de la rédaction