Code pénal algérien : « Art. 144 bis 2. (Nouveau) – Est puni d’un emprisonnement de trois (3) ans à cinq (5) ans et d’une amende de cinquante mille (50.000) DA à cent mille (100.000) DA, ou l’une de ces deux peines seulement, quiconque offense le prophète (paix et salut soient sur lui) et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen. Les poursuites pénales sont engagées d’office par le ministère public. (3) »

C’est apparemment sur la base de cet article que sont arrêtés et poursuivis les quelques gens surpris en plein délit (ou criiiiiime) de non jeûne sur la voie publique ces dernières années. Boire dans la rue, alors qu’on n’y est pas autorisé, se situerait donc dans le même ordre d’idées qu’une action par voix d’écrit ou de dessin et équivaudrait à un dénigrement de l’Islam.

C’est logique et cohérent et complètement dans l’esprit de la loi ( j’ai à mon actif trois saisons de the good wife, j’ m’y connais).  Et ça appelle donc à la plus grande prudence quant au respect strict de tous les préceptes de l’Islam. Parce que malgré les apparences y a pas que le jeûne dans la vie. Ce n’est que le quatrième pilier de la religion et c’est pourtant celui autour duquel se cristallise toutes les passions.  Quid des autres?

Tout autre moyen peut être considéré comme une atteinte aux principes de la religion.  Et « tout autre moyen » c’est vraisemblablement  une notion vague et large dans le système judiciaire.  Alors restons sur nos gardes et prenons des précautions de survie!

Quelques conseils: 

Aux heures de prière, ne sortez pas de chez vous. Un flic risque de vous croiser et de vous choper en flagrant délit de non-respect du  2ème pilier de l’Islam. Votre  seule défense serait de dire que vous vous rendiez à la mosquée, alors pensez à emprunter ce trajet et à trimballer un joli tapis avec vous.

Lorsque  vous croisez un mendiant, donnez lui de l’argent. Ça peut très bien être un flic en civil qui surveille les manquements à l’aumône. N’oublions pas qu’ils ont une interprétation extensive des notions de droit et de religion.

D’ailleurs, l’année prochaine, lors de la zakat ( aumône officielle) de fin du Ramadan, n’oubliez pas de faire signer un reçu par ceux à qui vous avez donné. On sait jamais qu’il y ait un contrôle a posteriori, s’agit d’un pilier de l’Islam tout de même.

Aussi, dans votre bonne foi, vous avez toujours pensé que le séjour à la Mecque n’était pas une obligation contraignante, si vous n’en aviez pas les moyens physiques ou financiers. C’est comme ça qu’on vous a appris quand vous étiez petit.

M’enfin, on vous aussi appris qu’on ne force personne à la religion et qu’on ne peut pas être juge de la foi des autres. Mais tout fout le camp, alors préparez votre visa.

Et pour finir et vivre en toute quiétude,  enregistrez  vos chahadates.

Sur ce, saha aidkoum! (n’oubliez pas de le souhaiter par tous moyens à toutes personnes et de transformer votre maison en standard téléphonique,  little brothers are watching you).

Mamzelle Namous

 

Cet article a été initialement publié sur Jeune vie algéroise 

Lire aussi 

Algeria in africa

C’est le compte qui geste