Cinquante ans après l’indépendance, une mère de cinq enfants, fille d’un ancien moudjahid condamné à mort, habite dans l’épave d’un fourgon Karsan, en souffrance au niveau de la cité Batimat Taliane sise à hai Es-Seddikia.Naima est mère de cinq enfants, dont une fille âgée de 18 ans, habitait dans des logements de location chez des particuliers. Après sa séparation de son mari, elle s’est retrouvée à la rue avec ses cinq enfants à charge.

Avec le faible pécule qu’elle avait, elle a acheté un logement dans un immeuble en ruine squatté, sis à la rue des Aurès, dont les locataires légaux ont été relogés ailleurs par les autorités locales depuis de nombreuses années.

Le 7 janvier passé, lors d’une opération d’évacuation des immeubles squattés, Naima s’est donc retrouvée de nouveau à la rue avec ses cinq enfants. N’ayant pas où aller, elle a trouvé refuge sous le palier d’escalier d’un immeuble de Batimat Taliane, exposée au froid et aux risques des agressions, craignant pour sa sécurité et celle de ses enfants. Des habitants de cette cité lui ont alors conseillé d’occuper l’épave d’un fourgon Karsan se trouvant en souffrance en face de l’immeuble où elle a trouvé refuge, qu’elle occupe jusqu’à nos jours.

En larmes, Naima s’exprime: «Cela ne veut pas dire que parce que je suis fille d’un ancien moudjahid condamné à mort, que je dois être privilégiée, le logement est un droit constitutionnel, je suis une simple citoyenne algérienne, je veux un toit pour mes enfants».
Au mois de mars passé, pendant la nuit, une bande de voyous a voulu forcer la porte du fourgon que cette mère de famille occupe, une vitre a même été cassée, et elle n’a échappé à une agression que grâce à l’intervention de certains habitants.

Ces derniers, conscients de la situation de cette dame, se demandent que devient le droit des enfants dans notre pays et qu’attendent les responsables locaux pour trouver une solution à cette mère de famille pour mettre à l’abri ses enfants, qui passent leurs nuits éparpillés chez certains habitants bienfaiteurs de la cité.

«Pour leur éviter une déperdition scolaire et les mauvaises fréquentations, les enfants de cette femme sont hébergés pendant la nuit par certains habitants de la cité, là ils pourront au moins pouvoir réviser leurs devoirs et éviter les mauvaises fréquentations», souligne un habitant écœuré par cette déplorable situation.

Devant ce drame, la seule question qui mérite d’être posée, est: que deviennent les promesses mielleuses des deux campagnes électorales, à savoir, les législatives et les communales ?

Lu sur Echo d’Oran