Le plateau d'une émission d'Echourouk TV

Trois chaînes de télévision privées de droit étranger ont obtenu «provisoirement» l’autorisation officielle d’ouvrir des bureaux à Alger. Mais le chemin vers l’ouverture de l’audiovisuel algérien reste encore long.

Après une année de diffusion semi-clandestine, trois des chaînes privées émettant depuis l’étranger, Ech-Chourouk, En-Nahar et El Djazairia, sont autorisées à ouvrir « provisoirement » des bureaux à Alger, a annoncé samedi le ministère de la Communication. « La Direction des moyens audiovisuels a autorisé les trois chaînes de droit étranger à ouvrir provisoirement des représentations à Alger. Cette autorisation, valable jusqu’au 31 décembre 2013, est administrative », a indiqué samedi le département de Mohamed Saïd.

En janvier, EnnaharTV et EchoroukTV avaient réussi à traiter la prise d’otage sur le complexe gazier de Tiguentourine à In-Amenas. Mais avec cette accréditation du ministère de la Communication, ces chaînes pourront plus facilement couvrir de l’intérieur les événements politiques, sociaux et même sécuritaires qui ont cours en Algérie.

« Saupoudrage légal »

L’audiovisuel algérien franchit-il ainsi une nouvelle étape vers l’ouverture ? On peut fortement en douter étant donné que cette permission, en plus d’être temporaire, « peut être corrigée ou retirée à tout moment ». C’est du moins ce qu’a indiqué le ministère de la Communication sans préciser toutefois dans quelles conditions cette accréditation pourrait être retirée. Il s’agit d’une « opération destinée à donner un saupoudrage légal à une situation d’illégalité qui règne depuis près de deux ans », estime une source citée par le site Maghrebmergent.

Un projet de loi sur l’audiovisuel décevant

Cette annonce du département de la Communication intervient alors que l’Assemblée populaire nationale étudie actuellement un projet de loi relatif à l’audiovisuel. Le secteur de la communication « franchira, à l’aube de l’année 2014, une nouvelle étape dans le processus de son développement avec l’ouverture du champ audiovisuel, décidée par le président de la République », avait déclaré Mohamed Saïd.  Mais d’après un éditorialiste du Quotidien d’Oran, la modernisation et le développement de l’audiovisuel en Algérie ne sont pas au rendez-vous. « Ceux qui ont lu l’avant-projet de loi sur l’audiovisuel qui doit être examiné aujourd’hui par le gouvernement sont particulièrement refroidis. Le projet de texte fixe tellement de conditions et de contraintes qu’il devient pratiquement impossible de lancer une télévision. Au mieux, certains pourront lancer une chaîne thématique dont – cela a été déjà prouvé ailleurs – la rentabilité est quasi nulle », écrit-il, dénonçant au passage l' »obsession » du gouvernement algérien à contrôler l’information.

Notez cet article