L’ancienne vedette du football algérien, Rabah Madjer, a estimé hier que la mission de l’équipe nationale sera très difficile pour passer le cap du dernier tour des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 au Brésil, car son prochain adversaire sera d’un niveau meilleur que ceux des équipes rencontrées jusque-là.

«Tout comme tous les Algériens, je souhaite que l’équipe nationale se qualifie à la prochaine Coupe du monde. Seulement, il faudra s’attendre à une mission très difficile lors du dernier tour», a déclaré Madjer lors du forum de DK News. La sélection algérienne a assuré sa qualification à la double confrontation barrage avant une journée de la fin du deuxième tour. Elle devance de quatre points le Mali, second du groupe H. «Il faudra avouer que jusque-là, on a eu affaire à des adversaires modestes, à l’image du Bénin et du Rwanda. Ce sera sans doute une autre paire de manche lors du dernier tour», a-t-il averti.

Les Verts se sont illustrés notamment lors des deux précédentes journées, en ramenant deux précieuses victoires des terrains du Bénin et du Rwanda, portant à quatre le nombre de succès dans leur poule, contre une défaite face au Mali (à Burkina Faso).

Ils vont accueillir les Maliens en septembre prochain à Blida (50 km d’Alger) pour le compte de la dernière journée du deuxième tour, dans un match sans enjeu. L’ancien champion d’Europe avec le FC Porto (Portugal) ne veut toutefois pas céder à l’euphorie, estimant qu’une éventuelle qualification au Mondial, ne devrait pas être «l’arbre qui cache la forêt». «On doit rester réalistes. Une qualification au Mondial ne va rien changer à la réalité du football algérien, plus que jamais exposé au danger. J’avais prédit l’échec à notre équipe nationale avant son départ pour la coupe d’Afrique des nations (CAN-2013) et le temps m’avait donné raison, bien que mes propos n’aient pas été appréciés par la plupart», a-t-il rappelé.

«RÉHABILITER LE JOUEUR ET L’ENTRAÎNEUR LOCAL»

Il s’est dit, en outre, convaincu que le salut du football algérien et de sa sélection passe par «l’option locale», insistant sur «la stabilité » comme principale gage de réussite.

«Cette politique de recourir à tout ce qui est étranger ne nous mènera pas loin. Depuis une douzaine d’années, l’équipe nationale est formée dans sa majorité de joueurs évoluant à l’étranger, au point où on a cassé toute ambition chez les jeunes joueurs locaux, qui ont fini par songer plutôt aux challenges financiers au détriment de ceux sportifs, parce qu’ils ont perdu tout espoir de figurer dans les rangs de l’équipe nationale, désormais réservée presque à cent pour cent aux joueurs issus des clubs européens», a déploré Madjer.

L’ancien champion d’Afrique avec la sélection nationale en 1990 a précisé cependant qu’il n’était pas contre la venue des joueurs professionnels d’outre mer, mais qu’il y a nécessité de réhabiliter le joueur local, tout en renforçant l’effectif par quelques compatriotes des championnats étrangers dans des postes ou le besoin se fait sentir.

«On veut nous faire croire que tant qu’il n y a pas de centres de formation en Algérie, on n’a pas d’autres choix que de recourir aux joueurs évoluant à l’étranger, mais à notre époque, on n’avait pas également ces centres, mais cela n’a pas empêché l’émergence de très bons joueurs qui ont fait le bonheur de la sélection algérienne dans les années 1980 en particulier.

C’est simple, il faut redonner de l’importance au travail de base dans les clubs pour aspirer avoir des joueurs du cru de qualité», a-t-il conseillé. Madjer a pris au passage la défense de l’entraîneur local, «qu’il soit empirique ou scientifique», promettant que s’il venait un jour d’occuper un poste de responsabilité dans le football algérien, il n’hésitera pas à nommer des techniciens locaux à la tête de toutes les sélections nationales.

Lu sur La Nouvelle République 

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