Le ministère de l’Intérieur veut interdire les boycotteurs de l’élection présidentielle de faire campagne. « Nous ne devons tout de même pas faire campagne pour l’élection et autorise ceux qui appellent à son boycott », a indiqué ce matin Mohamed Talbi, chargé des affaires juridiques et administratives au ministère de l’intérieur.

Le responsable du ministère, qui s’est exprimé lors d’une conférence de presse, a précisé que les responsables des partis politiques qui appellent au boycott « peuvent animer des meetings dans leurs locaux », ce qui est considéré comme une activité organique. « Nous sommes en train de mettre les moyens pour amener les gens à aller voter. Comment voulez-vous qu’on autorise les partis à appeler au boycott ? », s’est-il encore expliqué. Pis encore, répondant à une question d’un journaliste qui lui fait remarquer que la loi n’interdit personne de faire campagne pour le boycott, Mohamed Talbi a indiqué que « c’est une décision politique qui ne nécessite pas de loi ». Autrement dit, la force est à l’autorité et non à la loi.

Avant cette déclaration, le ministre de l’Intérieur, Tayeb belaïz, avait affirmé, dans le hall du Conseil de la nation, que « seuls les candidats à la présidentielle sont autorisés à mener campagne ». Ce n’est pas la première fois que les partis politiques qui boycottent l’élection présidentielle sont « interdits » de mener campagne. Lors des législatives de 2012, le RCD était contraint d’organiser des rencontres de proximité pour expliquer ses idées et faire passer son opinion.

Plusieurs grands partis, dont le RCD et le MSP, ont déjà décidé de boycotter l’élection présidentielle. Des personnalités, à l’image de Abdellah Djaballah et Sofiane Djilali peuvent également prendre la même position si Abdelaziz Bouteflika se porte candidat.

Essaïd Wakli

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