Décennie noire : 3300 Algériens enterrés sous X

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Alors que la majeure partie des personnes disparues pendant la décennie noire ne sont pas identifiées et leurs tombes jamais retrouvées, les associations de Défense des disparus révèlent qu’il existe au moins 3 300 tombes de personnes enterrées sous X. La révélation a été faite ce lundi matin à Alger lors d’un débat organisé au siège du quotidien francophone Liberté avec le juriste Merounae Azzi,  président de la commission d’assistance judiciaire chargée de l’application des dispositions de la Charte pour la Paix et la réconciliation nationale.

Appelé à se prononcer sur le sujet, Merounane Azzi, qui ne nie pas le chiffre, a affirmé tout de même que ce dossier le «dépasse». « C’est un dossier que je connais, mais cela me dépasse », a-t-il avoué, préférant se consacrer aux aspects pratiques de la Charte pour la Paix et la réconciliation nationale.

L’avocat, qui avoue avoir travaillé « bénévolement », estime que « si la Charte pour la Paix a réalisé 90 à 95% de ses objectifs, il existe encore des catégories qui ne sont pas encore touchées ». Il a rappelé que le chef de l’Etat a abordé récemment la possibilité de donner un prolongement à la réconciliation nationale. «Le président de la République a promis, lors de son récent discours, que la réconciliation nationale va être approfondie. Cela passe soit par la publication de nouveaux décrets présidentiels, soit par le biais d’une nouvelle loi », a expliqué le juriste. Ce dernier a, d’ailleurs, énuméré les catégories de populations qui devront être touchées par de nouvelles mesures.

Il s’agit des 500 enfants nés sous X dans les maquis, dont certains ont maintenant « plus de 15 ans », des femmes violées par le terroristes, des patriotes, des entrepreneurs et investisseurs et, surtout, des victimes du terrorisme. « Il est inconcevable que les victimes du terrorisme continuent de percevoir des pensions dont les montants ont été fixés en 1997. Il faut impérativement réactualiser ces pensions », préconise Merouane Azzi.

Les dispositions de la charte pour la réconciliation nationale et la Concorde civile ont permis, selon M. Azzi, le repentir de 15 000 terroristes. 7 000 familles de disparus ont également été indemnisées. Seules 25 d’entre elles refusent toujours de percevoir ces indemnisations, demandant la « justice d’abord », a indiqué enfin Merouane Azzi.

Essaïd Wakli