C’est désormais, une certitude. Le défunt président Chadli Bendjedid ne portait pas les généraux algériens dans son coeur. C’est une anecdote croustillante, mais ô combien significative, révélée par le cousin du roi du Maroc, Moulay Hichem qui nous le confirme.

Dans son livre,  “Journal d’un prince banni”, publié au mois d’avril dernier en France par les Éditions Grasset, le cousin germain du roi du Maroc raconte les dessous d’un voyage de l’ancien monarque marocain, Hassan II, le père de l’actuel roi Mohammed VI, à Alger. Le monarque marocain rencontre officiellement le regretté président Chadli Bendjedid. Le roi marocain présente au président algérien son fils Sidi Mohammed, le futur Mohammed VI, et son neveu, Moulay Hichem. « Je vous présente mes dauphins », avait confié Hassan II à Chadli Bendjedid. Celui-ci se tourne derrière lui pour observer le parterre de généraux et d’officiers supérieurs algériens réunis autour de lui, et déclare sur un ton surprenant : « Et moi, voici mes requins » !  Les généraux algériens, de véritables « requins » selon l’ancien président de la République. Moulay Hichem n’explique pas dans son livre si l’ex Chef de l’Etat blaguait, faisait de l’humour ou cherchait à délivrer un sérieux message politique.

Ceci dit, l’histoire finira par donner raison à Chadli Bendjedid puisqu’une partie de ces généraux algériens va conduire l’interruption du processus électoral en 1992. Une ingérence de l’armée dans les affaires politiques qui aboutira à la démission du Président Chadli le 12 janvier 1992. Auparavant, dans son livre, Moulay Hichem révèle également qu’il a reçu une fois, lorsqu’il était en escale à Paris, un appel téléphonique du Président Bouteflika. « Je reçois un appel téléphonique du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Voici sa phrase que je ne suis pas prêt d’oublier :  J’ai toujours dit que le Makhzen marocain est plus cruel que les généraux algériens », raconte-t-il. Une autre anecdote qui nous renseigne parfaitement bien sur les rapports qu’entretenaient nos Présidents avec l’establishment militaire et les puissants généraux.

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