Human Rights Watch a publié lundi 21 juillet un rapport accusant le FBI et le ministère de la Justice des États-Unis d’avoir “encouragé, poussé, et parfois même payé” des musulmans pour commettre des attentats sur le sol américain, et ainsi justifier des mesures anti-terroristes drastiques.

Trouver des personnes vulnérables, psychologiquement fragiles ou intéressées par l’argent, de confession musulmane. Leur proposer de commettre des attentats, pour les arrêter juste avant qu’ils ne passent à l’acte. La méthode paraît grossière, mais pourtant c’est celle qu’aurait utilisé le Federal Bureau of Investigation (FBI) et le ministère de la Justice américain pour gonfler les chiffres de la lutte anti-terroriste, et permettre ainsi le renforcement de mesures sécuritaires. C’est en tout cas ce qu’affirme un rapport réalisé conjointement par l’ONG Human rights watch et l’Institut des Droits de l’Homme de la faculté de droit de Columbia à New York, publié lundi 21 juillet.

« On a dit aux Américains que leur gouvernement assurait leur sécurité en empêchant et en punissant le terrorisme à l’intérieur des Etats-Unis », assène Andrea Prasow, l’une des auteurs. « Mais regardez de plus près et vous réaliserez que nombre de ces personnes n’auraient jamais commis de crime si les forces de l’ordre ne les avaient pas encouragés, poussés, et parfois même payés pour commettre des actes terroristes ».

La moitié des arrestations pour terrorisme relèveraient de coups montés

Le document de 214 pages, intitulé “Illusion of Justice : Human Rights Abuses in US Terrorism Prosecutions”, s’appuie sur des témoignages de juges, de procureurs, d’inculpés ou de coupables et de leurs proches, concernant 27 procès. Sur les 500 actions judiciaires intentées pour terrorisme depuis les attentats du 11 Septembre 2001, la moitié des arrestations relèveraient de coups montés.

Dans la vidéo suivante, les auteurs citent en particulier deux exemples de personnes qui n’auraient rien à voir avec des terroriste en puissance, et qui pourtant ont été condamné à plusieurs années de prison – dans des conditions de détention également dénoncées par le rapport. Il s’agit du groupe dit des “quatre de Newsburgh”, arrêtés pour avoir prétendument planifié des attentats contre une synagogue, et de Rezwan Ferdaus, accusé de vouloir lancer des drones bourrés d’explosifs pour détruire le Pentagone et le Congrès américain.