Les premiers tests des corvettes C28 achetées par l’Algérie à la Chine viennent d’être lancés avec succès. Ces armes achetées en 2012 s’inscrivent dans une constante augmentation des importations d’armes par l’Algérie depuis une dizaine d’années.

Selon le site internet du complexe militaro-industriel russe en date du 3 septembre, la Chine a  récemment lancé à Shanghai la corvette C28, la première des trois destinées à la marine algérienne. Le contrat avait été signé au début de 2012 avec la China Shipbuilding Trading Co.

Fin juin 2014, la même source nous apprenait que l’Algérie avait signé un contrat pour l’achat de deux sous-marins à propulsion diesel-électrique du projet 636 « Varchavianka » avec la Russie. Ces sous-marins appartenant à la 3ème génération de sous-marins russes sont surnommés « trou noir » par les experts de l’OTAN pour leur discrétion. Ces deux informations sont révélatrices d’une forte tendance à la militarisation ces dernières années.

La Russie demeure le fournisseur privilégié de l’Algérie

Avec 93% des fournitures en 2013 selon le dernier rapport de l’Institut de Stockholm pour la recherche sur la paix (SIPRI), la Russie est le premier exportateur d’armes vers l’Algérie. Ces cinq dernières années, l’Algérie a acquis auprès de ce pays 44 avions de combat Su-30MKA, 2 sous-marins Project-636, 3 systèmes de défense S-300 PMU-2 (SA-20B) à longue portée sol-air missiles (SAM) et 185 chars T-90S, explique Maghreb Emergent dans un article du 26 juin 2014.

Une véritable course à l’armement ces dernières années

Ces deux contrats conclus avec la Chine et la Russie sont révélateurs du renforcement militaire décidé par l’Algérie ces dernières années. En une décennie, l’Algérie est en effet passée du 22ème au 6ème rang des plus grands importateurs d’armes au monde, apprend-on dans une note d’analyse publiée en mars 2014 par le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP). Le volume de livraison des armes en Algérie a ainsi augmenté de 277% entre 2008 et 2012. Cette course à l’armement est commune au Maroc et à l’Algérie, en concurrence sur un terrain de plus.

Cette escalade est due à la modernisation des forces armées algériennes, expliquent le chercheur du GRIP Simon Pierre Boulanger Marte à Maghreb Emergent. Ce dernier ajoute dans les colonnes du site spécialisé que « les questions liées à la porosité des frontières, à la lutte contre le terrorisme transnational et au trafic illicite des biens et des personnes » sont aussi à prendre en compte dans cette évolution.