Le risque d’apparition du virus Ebola en Algérie est très faible. C’est le constat partagé par les deux invités du forum du quotidien « Liberté », organisé mardi à Alger. Le Dr Djamel Fourar, directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, et le Dr Fawzi Derrar, spécialiste en épidémiologie à l’institut pasteur d’Algérie, ont tenu à rassurer l’opinion publique. 

Notre pays, n’est pas exposé au risque de contamination vu son climat et son éloignement  de l’environnement propice à la transmission d’Ebola. Ce virus qui fait des ravages, ces derniers mois,  dans beaucoup de pays africains trouve comme climat propice les pays africains tropicaux. En fait, les germes de ce virus sont très sensibles à la chaleur, et l’environnement de notre pays est très défavorable à sa contamination, expliquent les deux spécialistes. Néanmoins, l’Algérie prend toutes les dispositions nécessaires pour prévenir son apparition. Le Dr Djamel Fourar explique qu’un dispositif de surveillance et d’alerte est mis en place par l’Algérie. Ce dispositif comprend notamment la surveillance sur les voies de transport aérien, maritime et terrestre. Le but est d’identifier très rapidement des cas de personnes contaminées. Ce dispositif prévoit également de transporter d’éventuelles personnes atteintes de manière sécurisée pour leur délivrer une prise en charge efficace dans toutes les structures hospitalière de notre pays, « dans chaque hôpital au niveau national, il y’a un lit isolé au niveau des services concernés pour la prise en charge de cas pareils », explique Dr Fourar.

Ce dispositif de prévention et d’alerte permet de poursuivre le suivi de l’évolution de la situation dans le monde, mais comprend aussi un volet sensibilisation des voyageurs au niveau des aéroports, et également la formation du personnel médical chargé d’intervenir en cas de signalement d’une personne contaminée. C’est, en fait, le même dispositif instauré il y a 4 ans dans notre pays, notamment lors de l’apparition du virus Coronavirus et autres épidémies, mais actualisé à chaque nouvelle situation, explique encore Dr Fourar. Ce dispositif s’améliore au fur et à mesure des développements de la situation.

Pour sa part, le Dr Fawzi Derrar explique que ce virus, qui n’est pas inconnu pour l’Organisation Mondiale de la Santé, du moment qu’il a déjà fait sa première apparition en 1976 en République démocratique du Congo (ex-Zaïre), est un virus d’origine animale. La chauve-souris est principalement considérée comme le réservoir naturel de ce virus. La propagation de ce virus dans certains pays africains est imputée aux systèmes de santé défaillants et archaïques de ces pays touchés. Cela est encore amplifié par les déplacements massifs des populations pour cause de conflits et des guerres.

Le virus Ebola, ne se transmis pas par la voie aérienne, rassure le Dr Derrar. Les voies de transmissions de ce virus sont le sang, les sueurs (les vêtements) ou les cadavres. Le spécialiste en épidémiologie explique qu’il n’y a pas pour le moment un traitement spécifique pour ce virus. Les traitements existants en ce moment sont des traitements, palliatifs, mais néanmoins efficaces. « Quand il y’a une prise en charge précoce d’une personne atteinte, il n’y a aucun danger. Elle peut être sauvée ». C’est le cas de l’infermière espagnole contaminée ces dernières semaines et c’est également le cas de 50 % des malades atteints de ce virus en Afrique.

Arezki IBERSIENE

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