Jamais la vacance du pouvoir n’a été aussi visible et pesante dans notre pays que ces dernières semaines. L’Algérie navigue comme un bateau ivre, sans boussole. L’absence du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, dans ces moments difficiles des affaires du pays, et les divagations des membres du gouvernement à propos des derniers événements de la scène nationale, donnent une image d’un pays sans gouvernail !

Le manque de prévoyance et de clairvoyance du gouvernement est complètement mis à nu par la chute brutale de l’or noire. La seule denrée providentielle qui a fait perpétuer le système rentier national depuis l’Indépendance. Pris de court par la chute des prix du pétrole, que l’Etat aurait pu prévoir il y a déjà longtemps, le gouvernent ne sait plus sur quel pied danser. Les ministres du gouvernement Sellal, chacun avec un discours différent des autres, semblent s’adonner à l’improvisation face à la crise financière qui pointe à l’horizon.

Les mesures d’austérité que propose le gouvernement face à cette crise toucheront particulièrement les couches les plus défavorisées de notre société. Arrêt de subventions des produits de large consommation, hôpitaux publics payants, etc.,  «que chacun assume ses responsabilité » a fait savoir Mohamed Djellab, ministre des Finances. Mais est-ce les faibles bourses qui ont mené le pays dans cette faillite ? Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, invite les Algériens à serrer leurs ceintures, en laissant, au même moment, grandes ouvertes les caisses de l’Etat pour les artisans de cette faillite. Il est à signaler que le budget de la Présidence de la République est de 104 millions de dollars pour cette année 2015. Un budget faramineux. Soit l’équivalent de celui de la Présidence française, qui est de 100 millions d’euros. Nos dirigeants ne semblent donc pas concernés par les mesures prises par Sellal pour « contrôler les dépenses ». Force est de constater que ces mesures d’urgence ne toucheraient jamais au train de vie fastueux des institutions de l’Etat. C’est le pauvre citoyen, lui seul, qui doit assumer les échecs de l’Etat.

Les quinze dernières années de faste n’ont pas permis à nos gouvernants de doter notre pays d’une économie forte, à même d’être une planche de salut face aux chutes brutales des prix des hydrocarbures. Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis pour réussir une transition économique quand le pétrole se chiffrait à 120 dollars le baril. Le gouvernement actuel ainsi que ses prédécesseurs, qui étaient à l’aise dans leurs politiques populistes, affichaient une sourde oreille, voire du mépris, aux appels des experts et opposants algériens. Maintenant que la vache maigre, vue de loin par les experts, se présente à nos portes, le gouvernement panique et renvoie la balle tout simplement dans le camp du peuple algérien. Est-ce sérieux ?

 Arezki IBERSIENE

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