Après deux semaines de protestation, les médecins membres du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) ont décidé de suspendre leur mouvement de grève ce mercredi 6 mai, suite à une rencontre avec des représentants du ministère de tutelle et de la Fonction publique dimanche. 

Ils avaient appelé à un rassemblement ce mercredi à 11H au niveau du siège du ministère de tutelle, sur les hauteurs d’Alger. Finalement, les médecins membres du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) ont repris le chemin du travail ce matin. Le mouvement de grève, déclenché le 27 avril dernier, qui devait être suivi de deux nouvelles journées de mobilisation, le 5 et le 6 mai, prend donc fin aujourd’hui.

Le gel de la grève a été décidé mardi 5 mai par le Conseil national extraordinaire du SNPSP, qui a évalué le procès-verbal de la réunion de conciliation entre des représentants du ministère de tutelle, du Syndicat, de la Fonction publique et de l’administration publique, tenue le 4 mai au siège du ministère.

Au bout de 10 heures de discussion, la délégation des praticiens de la santé  publique a quitté la table des négociations, globalement satisfaite, apprend-on auprès du SNPSP. « La réunion au ministère a traité de l’ensemble des points de la plate-forme de revendications du syndicat », souligne Dr Lyès Merabet, président du SNPSP, joint ce mercredi par téléphone.

Principal point de satisfaction, l’ouverture de la révision des statuts particuliers, dont celui des praticiens médicaux généralistes de santé. « Cette revendication date de 2010. Le directeur général de la Fonction publique a confirmé l’ouverture de l’amendement du statut particulier. C’est un point important », s’est réjoui Dr Lyès Merabet.

Le SNPSP a également obtenu gain de cause au sujet de l’application de l’instruction n°968 du 16 septembre 2014. « Une demande de dérogation exceptionnelle sera introduite dans les meilleurs délais par le ministère de la Santé pour permettre l’intégration dans le grade de « principal » de tout praticien cumulant 10 ans d’ancienneté », souligne le président du syndicat. Il ajoute : « Le ministère de la Santé a reconnu durant la réunion de conciliation avoir des difficultés à mettre en pratique cette instruction. Cette dérogation va ainsi permettre de faciliter l’application de l’instruction de Sellal ».

En revanche, la question des nouveaux diplômés en médecine dentaire et pharmacie reste ouverte. Au cours de la réunion de conciliation, les cadres du ministère de la Santé se sont engagés à installer un « comité ad hoc », rassemblant des représentants dudit ministère et des praticiens de la santé publique ainsi que responsables de l’Enseignement supérieur et de la Fonction publique, dont la mission sera de régler la question de l’alignement et la classification sur la grille des salaires des nouveaux diplômes de doctorat en pharmacie et en médecine dentaire, indique Dr Lyès Merabet. Les détails de l’organisation de ce comité ad hoc n’ont pas encore été fixés, précise le président du SNPSP.

« Il y a eu une révision du cursus universitaire en 2012. Le cursus a été allongé de cinq à six ans et il y a eu aussi la création d’un nouveau diplôme, le doctorat de pharmacie et de médecine dentaire. Les anciens praticiens sont, eux, toujours dans la « catégorie 13″, qui comprend des médecins avec maximum 5 ans d’études. Les anciens praticiens ont donc été méprisés et déclassés. On demande l’alignement des diplômes et que les anciens praticiens puissent bénéficier d’une formation en continue », réaffirme le président du SNPSP.

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