Jamais l’avènement d’une nouvelle année n’est autant marqué du sceau de l’incertitude comme c’est le cas pour 2016. 

En plus de l’incertitude liée à la nature, qui réserve bien des surprises, les Algériens savent déjà qu’ils vont affronter une année pour le moins difficile. Et l’année prochaine sera dure sur le plan socio-économique. Puisqu’en plus de la flambée -devenue ordinaire- des produits alimentaires de base, la loi de finances qui va être signée par le chef de l’Etat en fin de semaine, prévoit déjà des hausses des prix de certains produits énergétiques. C’est le cas du gazoil, de l’essence et de l’électricité. Et si, officiellement, le citoyen lambda ne sera pas directement touché par ces augmentations, les répercussions de ces ajustements tarifaires n’épargneront personne. Les transporteurs, industriels et autres commerçants, qui utilisent les véhicules roulant au diesel, vont certainement augmenter les prix de leurs produits et prestations pour amortir, ne serait-ce que légèrement, les hausses des produits énergétiques.

L’inflation, dont la courbe ascendante ne semble pas être maîtrisée, aggravera encore l’érosion du pouvoir d’achat des Algériens. Surtout que la crise économique ne permettra pas de trouver des solutions de rechange, et aucun espoir de voir les salaires augmenter ne pointe à l’horizon.

En plus des problèmes socio-économiques, l’année 2016 sera marquée par une éventuelle révision de la Constitution. Ainsi, après avoir enterré le projet durant des mois pour des raisons sûrement tactiques, le chef de l’Etat l’a récemment déterré. Il n’a pas donné de date précise, mais des signes convergent vers une réunion des deux chambres du parlement vers le mois de février pour entériner le projet que propose Abdelaziz Bouteflika. Tant pis pour le débat démocratique, la révision constitutionnelle passant apparemment par la simple voie parlementaire.

Les polémiques et repositionnements politiques qui déchirent actuellement la scène politique vont se poursuivre en 2016. Ainsi, la proximité avec l’année électorale que sera 2017 fera sortir les acteurs politiques de leur légendaire apathie. Les combats risquent également d’être durs entre les différents protagonistes. Et les flèches que se lancent actuellement certains d’entre eux sont un signe d’un grand déballage.

L’année 2016 sera charnière pour l’opposition. Les partis et personnalités réunis autour de la CLTD (Coordination pour les libertés et une transition démocratique) et ceux de l’Isco (instance de suivi et de coordination de l’opposition) vont tenir une nouvelle rencontre qui ressemblera au Congrès tenu en juin 2014 à Mazafran. Ce sera l’occasion de faire le bilan des actions passées et de penser à l’avenir d’une opposition qui n’arrive toujours pas à trouver ses marques.

En un mot : l’année 2016 sera celle des incertitudes !

 Essaïd Wakli

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