Haradh, SAUDI ARABIA: A general view shows a new plant inaugurated 22 March 2006 in Haradh, about 280 kms (170 miles) southwest of the eastern Saudi oil city of Dhahran, launching a project adding 300,000 barrels of oil to the kingdom's daily production capacity. The facility which was opened today in a ceremony attended by Saudi Oil Minister Ali al-Nuaimi was completed in January, ahead of schedule, the company said. Approximately 160 kms (100 miles) of new pipeline and extensions will transport crude and gas products to processing facilities further north in the Eastern Province, a statement said. Saudi Arabia, the world's top crude producer and exporter, currently pumps around 9.5 million bpd of oil and has a production capacity of around 11 million bpd. AFP PHOTO/STR (Photo credit should read -/AFP/Getty Images)

C’est la dernière nouvelle en date à propos d’une économie saoudienne qui fait cavalier seul au sein de l’OPEP, mais multiplie également les initiatives pour surmonter la crise financière. Après avoir annoncé une hausse spectaculaire des prix des carburants la semaine dernière, les autorités financières du royaume évoquent depuis quelques jours l’entrée en Bourse de la Sonatrach saoudienne:  Saudi Aramco (Arabian Americain Oil Company).

Première entreprise pétrolière au monde, Aramco a confirmé, vendredi dernier, qu’elle pourrait bientôt faire ses premiers pas en Bourse. La nouvelle avait été annoncée par le vice-prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salman à l’hebdomadaire britannique The Economist paru jeudi, et confirmée vendredi, par Aramco. La société indique dans un communiqué «étudier différentes options pour permettre une plus grande participation» extérieure à son capital. Parmi les options étudiées, Aramco évoque l’ouverture à «une proportion appropriée» de son propre capital ou l’entrée en Bourse de ses filiales. Si la nouvelle pourrait prochainement agiter la planète finance, c’est simplement du fait qu'Aramco est, en théorie, valorisée de plusieurs «milliers de milliards de dollars», selon des officiels saoudiens. Et d’égrener les atouts d’Aramco, «dont les réserves sont évaluées à plus de 260 milliards de barils de brut, soit dix fois plus que son concurrent américain ExxonMobil, et produit environ un baril sur huit dans le monde avec une production moyenne d’environ 9,25 millions de barils par jour».

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Dans son communiqué, la société saoudienne indique que le résultat de l’étude des options d’ouverture du capital sera présenté à son conseil d’administration qui fera à son tour des recommandations à son conseil suprême. Cette dernière instance est, en réalité, présidée par le vice-prince Mohammed Ben Salmane. Elle supervise Aramco depuis que la compagnie a été séparée du ministère du Pétrole l’année dernière.

Forte augmentation des prix des carburants en janvier 2016

Arrivé au pouvoir en début d'année, le nouveau roi, Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud, doit prendre une série de mesures pour moins dépendre des recettes de l'or noir, principale ressource financière du pays, qui risquent de baisser de plus de 60% par rapport à 2014. Quelques heures après avoir annoncé un déficit budgétaire record en2015, l’Arabie séoudite avait  décidé, lundi 28 décembre, d’augmenter d’au moins 50 % le prix des carburants. Les subventions du diesel et des produits pétroliers, mais aussi de l’électricité et de l’eau, vont être révisées.

A l’issue d’un conseil des ministres présidé par le roi Salmane, les autorités ont annoncé des mesures d’austérité pour l’an prochain, dont un programme sur cinq ans pour réduire les subventions sur les prix de l’eau et des produits pétroliers. Le prix de l’essence sans plomb 95 augmente ainsi de 50 %, passant de 0,60 riyal à 0,90 riyal (0,24 dollar) le litre, et celui de l’essence 91, de 67 %, passant de 0,45 riyal à 0,75 riyal (0,20 dollar) le litre.

Une stratégie financière très active

 Des mesures qui auront un impact important sur une population habituée à l’Etat-providence. Pour financer son déficit 2015, l’Arabie Saoudite a puisé plus de 80 milliards de dollars dans ses réserves en devises, qui se chiffraient à 732 milliards de dollars fin 2014, un des montants les plus élevés de la planète. Mais elle ne se contentera pas de puiser dans les réserves et a déjà adopté une démarche financière très active. Profitant d’un bon « rating», le royaume va emprunter sur les marchés internationaux, en réalisant sa première émission de dette depuis 2007. Il compte lever entre 20 et 25 milliards de dollars via des emprunts à cinq ans, selon l'agence Bloomberg. Les autorités financières séoudiennes ont  également levé pour la première fois sur le marché local environ 20 milliards de dollars en bons du Trésor et espère sans doute en faire au moins autant en ouvrant le capital d'Aramco aux investisseurs internationaux. Responsable, en grande partie, de la chute des cours mondiaux du brut, Riyad, qui a calé son budget 2016 sur un baril à 26 dollars devra cependant expliquer aux investisseurs ce qu'il compte faire pour qu'un investissement dans sa compagnie pétrolière s'avère, à terme, rentable.

Hassan Haddouche