S’il se produit, l’évènement sera historique à plus d’un titre : le pouvoir s’apprête à célébrer, pour la première fois, l’anniversaire du Printemps berbère.

L’annonce, passée inaperçue, est pourtant le fait d’un ministre de la République. El-Hadi Ould-Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports, mais également un des dirigeants les plus en vue du Mouvement culturel berbère ces 20 dernières années.

Il a en effet déclaré, lors d’un déplacement à Tizi-Ouzou à l’occasion de la remise des cartes professionnelles à des artistes, que son département ministériel préparera, en « collaboration avec le ministère de la Culture », la célébration du 20 avril 1980, marquant les évènements du Printemps berbère. Pour lui, La célébration du printemps berbère (20 avril)  « doit constituer un moment de fête et de fierté et non de haine et de manipulation ».

El Hadi Ould Ali a précisé que le 20 avril est une occasion pour  rendre hommage à tous ceux qui ont mené le combat identitaire pour que tamazight soit aujourd’hui reconnue et consacrée langue nationale et officielle. Il a appelé à préserver la Kabylie «de la manipulation et des dérives et œuvrer ensemble pour son développement et son épanouissement».

«Toutes nos actions doivent se faire dans  le cadre de cette unité et intégrité du pays», a-t-il ajouté tout en liant la célébration de cet anniversaire à l’officialisation de tamazight lors de la récente révision constitutionnelle. «Cette officialisation est une réalité et non de la poudre aux yeux comme beaucoup le prétendent. Dans les jours à venir, l’APN et le Sénat adopteront  les premiers textes qui consacreront l’officialité de la langue», a-t-il tenu  à préciser.

Ces déclarations constituent en effet un nouveau pas des autorités pour la promotion de la question identitaire. Mais la question qui se pose est celle de savoir si la célébration du 20 avril ne prendra pas un aspect «folklorique» qui le fera sortir de son cadre politique.

Est-ce là une manière de récupérer cet évènement ?

Essaïd Wakli

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