Messieurs les dirigeants, suivez l’exemple du monsieur le Wali Par Abdou Semmar

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Il ne s’appelle pas Abdelmalek Sellal, ni Abdesslam Bouchouareb. Il ne s’appelle pas Amar Ghoul ni Nourredine Bedoui. Il n’occupe aucune fonction à la Présidence de la République. Il n’est pas un proche à Said Bouteflika, ni l’ami intime du cousin ou du voisin d’Abdelaziz Bouteflika. 

Il n’habite pas au Club des Pins et ne fréquente pas les salons feutrés d’Ali Haddad ou des autres richissimes bailleurs de fonds des grosses pontes d’Alger. Il est uniquement wali. Un wali à Mila, dans une wilaya méconnue et ignorée, cette contrée oubliée par nos dirigeants. Une contrée martyrisée par les sempiternels problèmes de développement local. Une contrée malade des injustices qui l’accablent au quotidien. Face à ces souffrances et à ces carences, Abderrahmane Madani Fouatih, le Wali de Mila, a fait le pari de l’exemplarité. Il vient de décider de rompre avec la tradition des « privilège luxueux » des hauts cadres et dirigeants de l’Etat pour se conformer à la nouvelle situation économique et financière du pays.

Plus de cortèges de voitures luxueuses, plus de dîners ou de déjeuners dans des restaurants chics, plus de chauffeurs et de berlines rutilantes pour sillonner les localités de la wilaya. Plus de fanfare et de flonflons lors des déplacements officiels et des visites d’inspection. Le jeune Wali se démarque de ses confrères et hauts responsables de l’Etat en prenant le bus avec ses collaborateurs pour se rendre auprès de ses administrés et s’informer de leurs préoccupations. Un wali dans un simple autobus, une image inédite, rarissime qui étonne en 2016 en Algérie.

Parce que le pays souffre financièrement et les Algériens subissent de plein fouet les effets de cette terrible conjoncture financière, Abderrahmane Madani Fouatih a choisi de donner l’exemple pour remonter le moral de ses compatriotes, les motiver à aller de l’avant, les encourager à faire confiance en leurs responsables. Une belle leçon de bonne gouvernance qui contraste  avec l’indifférence générale des autres dirigeants qui président à la destinée de l’Algérie à partir…. d’Alger.

A El-Mouradia ou au Palais du Gouvernement, l’exemplarité, le don de soi, le renoncement aux privilèges par solidarité avec la situation du pays, ces notions, et bien d’autres encore, ce bon sens, ne sont toujours pas d’actualité. Dans ces lieux de pouvoir, nos dirigeants se pavanent toujours dans leurs voitures de prestige, vêtus de leurs costumes de marque et dépensant sans compter des primes astronomiques. Ils vivent loin de ce peuple qu’ils craignent par dessous tout. Ils profitent toujours des villas du Club des Pins, de ses piscines et restauration fastueux. Une vie de prince aux frais… de la princesse, puisque tout est financé par l’argent public, celui du contribuable algérien. Les déficits se creusent et les performances économiques sont renvoyées aux calendes grecques. Ces dirigeants inconscients devraient s’inspirer d’Abderrahmane Madani Fouatih. Mais pour ce faire, il faut un minimum de bon sens. Malheureusement, cette denrée est de plus en plus rare dans les moeurs du pouvoir algérien…