Après une hausse historique enregistrée l’an dernier, le taux de chômage a «baissé» en avril dernier, à moins de 10%, selon les chiffres fournis samedi 30 juillet par l’Office national des Statistiques. Et malgré les licenciements et les fermetures de nombreuses entreprises, le taux de chômage s’est établi, en avril dernier, à 9,9% contre 11,2 en septembre 2015, précise la même source, reprise par l’APS.

 En avril dernier, le nombre de la population active a atteint 12,092 millions de personnes contre 11,932 millions en septembre 2015. Quant à la population occupée (personnes ayant un emploi), elle a été estimée à 10,895 millions de personnes en avril dernier, composée de 8,83 millions d’hommes (81,1% de la population occupée) et de 2,06 millions de femmes (18,9%).
Par catégorie, le taux de chômage touche plus les femmes avec 16,5%, un taux semblable à celui enregistré l’an dernier. Quand aux hommes, ils étaient 8,2% de personnes (contre 9,9% en septembre dernier) à chercher un emploi.
Ces chiffres démontrent également que taux de chômage des jeunes est toujours plus élevé que les autres tranches de la population, malgré une légère baisse. Les citoyens âgés entre 16 et 24 ans étaient 24,7% en avril dernier à chercher du travail (contre près de 30% en septembre dernier) avec 21,8% chez les jeunes hommes contre 40% chez les jeunes femmes.
Par niveau d’instruction, le chômage a plutôt augmenté chez les diplômés de l’université, dont 13,2% sont concernés en avril dernier (contre 12,3% en septembre). Le taux s’est par contre établi à 8,3% en avril dernier (contre 9,6% en septembre).

Par contre, les chiffres de l’ONS laissent transparaître un taux révélateur de la précarité des emplois dans notre pays. Ainsi, la part des chômeurs qui accepte des emplois inférieurs à leurs aptitudes professionnelles est de 71,6%, ne correspondant pas à leur profil pour 68,4%, des emplois pénibles pour 28,7% et des emplois mal rémunérés pour 73,1%.

Même s’il n’est pas question de remettre en cause les compétences des cadres de l’ONS, les chiffres fournis par cet organisme public interpellent. Il est en effet difficile de croire que le chômage a baissé dans un pays qui connaît une crise économique sévère depuis maintenant plus de deux ans. Plus encore, cette crise a poussé beaucoup d’entreprises à licencier des employés. Rien que dans le secteur de la vente automobile, plus de 5000 postes ont été supprimés. La cadence est encore plus importante dans le secteur du bâtiment et les travaux publics qui a vu des entreprises fermer faute de commandes publiques.
Mais en l’absence de statistiques indépendantes, il est difficile de donner d’autres chiffres que ceux que donne le gouvernement.
Essaïd Wakli
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