La polémique sur la régularité des prochaines élections législatives a déjà commencé. Alors que le pouvoir a installé une commission destinée à surveiller les élections, des partis de l’opposition accusent déjà les autorités de préparer les conditions de la fraude.

Ainsi, le RCD affirme qu’à Tizi-Ouzou, par exemple, des militaires s’inscrivent, en masse, sur les listes électorales. La chose peut paraître normale sauf que ces militaires, en service dans la région, ne sont pas résidents des communes de cette wilaya. Pourtant, la loi exige un certificat de résidence avant toute inscription sur une liste électorale.

Le parti de Mohcine Belabbas va plus loin puisqu’il précise que malgré l’opposition de certains magistrats et fonctionnaires, des communes continuent d’inscrire ces militaires «sur injonction» des autorités centrales.

L’accusation n’est pas nouvelle. Lors des élections législatives de 2012, des partis politiques, dont le RCD et e PT, ont accusé l’administration d’avoir utilisé des militaires pour bourrer des urnes ou tricher sur les résultats. La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a même dénoncé le décompte des voix de la wilaya de Tindouf qui comptait 30 000 militaires pour un nombre total de votants n’excédant pas les 55000 personnes.

Ce n’est pas le vote des militaires qui pose problème, mais ces fonctionnaires sont souvent appelés à travailler dans des zones éloignées de leur lieu de résidence. Souvent, ils sont doublement inscrits. Ce qui donne à l’administration la possibilité de jouer avec ces voix qui se comptent par dizaines de milliers.

Sauf qu’en s’engageant dans l’opération électorale, le RCD, en même titre que les autres formations politiques, savaient pertinemment que les élections n’allaient pas être un modèle de transparence. Pourquoi alors se lancer dans un scrutin qu’on sait biaisé d’avance ?

Essaïd Wakli

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