Il a requis 10 ans de prison à l’encontre un détenu du hirak dont le seul tort fut d’avoir brandi un étendard amazigh, Tarek Moualkia, le procureur du tribunal d’Annaba est dans le collimateur des Algériens en général et des internautes en particulier. Sur les réseaux sociaux, les gens lui reprochent son excès de zèle et appellent la justice à agir contre ce qu’ils qualifient d’ « abus ». Le fait d’avoir simulé les hirakistes et d’avoir joué les ardents défenseurs de la liberté de la justice, quelques semaines avant de réclamer cette sentence, a provoqué le courroux de tout un chacun ! 

 Ce procureur était un anonyme parmi d’autres, un parfait inconnu avant que les médias ne fassent écho de sa performance lors du procès de Ftissi Nadir, lundi. Nadir avait été arrêté et mis sous mandat de dépôt, le 5 juillet dernier. Ce qu’on lui reproche, c’est d’avoir brandi l’étendard amazigh !

Tout de suite après la diffusion de l’information, les internautes se sont investis à identifier le fameux procureur. Sur les réseaux sociaux, beaucoup voulaient voir la photo de celui qui a réclamé 10 ans de prison à l’encontre d’un manifestant. En quelques heures, son nom était connu de tous et sa photo diffusée à grande échelle.

Ce qui a choqué le plus, c’était de le voir sur certaines photos qui le montraient en train de manifester en soutien au Hirak le 12 mars dernier devant la Cour de justice d’Annaba. Les magistrats sortis ce jour-là avaient réclamé la libération de la justice et la séparation des pouvoirs !

Quelques semaines plus tard, le procureur en question se fait remarquer lors du procès de Nadir. Selon Me Hamaili Boubaker, avocat de la défense, l’audience a dû être interrompue « à cause du procureur de la République qui piétinant la loi de la République », selon lui, le procureur « n’a pas cessé d’intervenir lors de la plaidoirie. Il faut savoir que le procureur n’a aucunement le droit d’intervenir ou de prendre la parole avant la fin de l’audience. Il faut respecter la défense. En tant qu’avocat, je ne cautionne pas ces agissements ».

Interrogé à ce propos, Karim Younès, le coordinateur de l’instance de médiation et de dialogue n’a pu se retenir de dénoncer la sentence réclamée par ce procureur. « Je n’ai peut-être pas le droit de commenter une position de la justice, mais c’est une mascarade au moment où nous tentons d’apaiser les esprits. Où vit ce procureur ? Si c’est une réponse du régime, je ne change pas mon discours, je condamne ce comportement qui ne permet pas d’apaiser le climat, qui sabote le processus de médiation », a-t-il soutenu lors de son passage sur Radio