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L’Algérie autorise-t-elle l’importation de biens d’Israël ? Officiellement non. Mais, d’après une affaire judiciaire en cours de jugement, la chose semble tolérée.

L’affaire en question, relatée par le quotidien arabophone «El Khabar», est traitée actuellement par le tribunal de Bir Mourad Rais d’Alger. Elle est relative à une plainte déposée pour menace de mort par le patron de l’entreprise privée « Net work », sise à Dely Brahim, contre son directeur administratif, ancien policier et garde rapproché de personnalités publiques, notamment d’anciens ministres, a étonné plus d’un. Lors de l’audition qui a eu lieu avant-hier, le mis en cause a affirmé qu‘il faisait l’intermédiaire, au profit de l’entreprise qui l’emploie, auprès de plusieurs sociétés et institutions étatiques dans le but de décrocher des marchés. Celui-ci usait de son « influence », acquise durant ses précédentes expériences professionnelles, pour arriver à ses fins.

Proche d’anciens ministres

D’ailleurs, en perquisitionnant son domicile, la police a trouvé des cartes de visites de plusieurs anciens ministres, tels que Yazid Zerhouni, ancien ministre de l’Intérieur ou Tayeb Belaiz, ancien Ministre de la justice. Des ordres de missions de la police nationale ont également été retrouvés chez lui. Sauf que, dans l’affaire en question, son intervention est devenue «nécessaire» en raison de l’origine du matériel importé.

Une influence qu’il a mis a profit lorsque la compagnie étatique Naftal a fait appel à « Net work » pour acheter du matériel informatique d’un montant de 1,5 milliards de centime. Après avoir pris connaissance du pays de provenance de ce matériel, Israël, les responsables de Naftal se sont montrés réticents. Et c’est à ce moment-là que cet ancien garde rapproché, qui loue aujourd’hui ses services à « Net work », est intervenu. Le marché a finalement été conclu, grâce à l’influence de cet ancien policier.

L’achat de matériel israélien par Naftal aurait pu rester secret si un conflit entre l’intermédiaire, ex-policier, et la patron de « Net work » n’avait pas éclaté. Le patron de cette dernière n’a pas versé la commission à l’ancien garde rapproché comme convenu, s’est plaint l’ancien policier. D’où le règlement de cette affaire dans un tribunal d’Alger. En première instance, le procureur de la République a retenu 3 ans de prison contre le très influent directeur administratif, soupçonné d’avoir fait pression sur Naftal pour acheter du matériel israélien.

Ce qu’il y a lieu de retenir, c’est que certains responsables, prêts généralement à dénoncer tout ce qui est relatif à Israël, ne trouvent aucun problème à faire du business avec Israël lorsqu’il s’agit de leurs intérêts personnels.

Elyas Nour

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