L’Afrique aurait plus de ressources hydriques qu’il n’en paraît. Pourtant le continent reste toujours aussi mal desservi en eau en raison d’un réseau de distribution bancal et d’un manque de moyens financiers pour les exploiter.

Le Lac Tchad, sa superficie réduit chaque année

Le continent détient d’importantes ressources en eau…mais il les cache bien. En effet, environ 660 000 kilomètres cubes de réserves d’eau sont recensés dans les sous-sols africains. Difficile de croire que tant de liquide coule dans les entrailles de l’Afrique, alors que sa population manque cruellement d’eau.

Ces conclusions proviennent d’une étude menée par des chercheurs du British Geological Survey et de l’University College de Londres et publiée par  l’Environmental research letters. Les nappes phréatiques africaines recèleraient beaucoup d’eau car ils subissent moins les conséquences du temps et du soleil.

L’Algérie, la Libye, le Soudan, l’Egypte et le Tchad auraient les réserves d’eaux souterraines les plus grandes du continent africain. Quant aux « aquifères », elles se trouveraient  en Afrique du Nord, dans les zones du Sahara. L’étude a été reprise par Courrier International, qui a très bien matérialisé la situation sous forme de carte .

Paradoxe hydrique

Ce bilan est pour le moins surprenant, lorsque l’on sait que l’Afrique est le deuxième continent le plus sec du monde. Les Africains représentent 15% de la population mondiale,  mais leurs terres ne disposent que 9% des ressources renouvelables en eau, d’après les estimations du United Nations Environment Programme (UNEP).

Au sein même  du continent de fortes inégalités sont à noter :  l’Afrique centrale possède 50,66 % de l’ensemble des ressources africaines et l’Afrique du Nord seulement 2,99 %. Ces inégalités font que 40 % de la population africaine vit dans les zones arides, semi-arides ou humides.

Un retard dans les infrastructures

La quantité d’eau disponible par personne en Afrique est bien inférieure à la moyenne mondiale et ne cesse de diminuer. La raison vient du développement insuffisant de la distribution et d’approvisionnement de l’eau potable: pas d’eau courante, pas de robinet, des eaux parfois contaminées… Les problèmes sont nombreux.

Par conséquent, les prix de l’accès à l’eau sont généralement biaisés, et sont élevés parce que l’eau se fait rare sur terre, alors qu’elle est abondante sous terre.

Une richesse inaccessible ?

Ces km3 enfouis pourraient-ils être la solution ? Tout n’est pas si simple. Exploiter ces ressources nécessiterait l’installation de profonds puits qui pomperaient l’eau. Toutefois cela demanderait un financement conséquent et difficile à trouver. Sans évoquer les risques environnementaux liés à une telle installation, qui n’ont pas tous été étudiés. Enfin les fameuses aquifères du Sahara sont  limitées, puisqu’il s’agit d’eaux fossiles qui ne se renouvellent pas.

L’ONU estime  que 2,2 millions de personnes meurent chaque année dans les pays en développement en raison de maladies liées à l’eau insalubre. Elle a donc fait passer l’assainissement de l’eau en priorité dans son programme Objectifs pour le millénaire. Le but étant d’offrir à 80% de la population mondiale de l’eau potable.

Amina Boumazza

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