Après les réseaux sociaux et les médias, c’est le dernier Forum social mondial (FSM) 2015, tenu récemment à Tunis, qui a servi de terrain de bataille aux anti et pro-gaz de schiste en Algérie. En effet, des escarmouches entre des militants anti-gaz de schiste et des cadres et militants du Parti des travailleurs (PT) y ont eu lieu, empêchant ainsi le bon déroulement d’un atelier consacré à cette problématique.

Des militants anti-gaz de schiste reprochent à la délégation du Parti des travailleurs (PT) ayant participé au dernier Forum social mondial (FSM 2015), qui s’est déroulé à Tunis du 24 au 28 de ce mois de mars, d’avoir perturbé les travaux d’un atelier sur la thématique. « Des parlementaires du parti de Louisa Hanoune ont fait irruption dans la salle de l’université El Manar  où se déroulait les travaux de notre atelier thématique. Ils s’en sont pris à nous verbalement, usant de propos haineux et insultants. Ils nous ont traités de traîtres à la Nation et d’être à la solde des Européens. Nous avons évidemment répliqué en leur signifiant que ceux qui ont trahi le peuple étaient bien eux et leurs semblables. La situation a failli dégénérer et en venir aux mains », raconte Mohad Kasmi, activiste anti-gaz de schiste.

Selon nos recoupements, parmi les cadres du PT ayant pris part au FSM 2015, figure le député Ramdane Tazibt. Contacté à ce sujet, M. Tazibt s’en lave les mains et rejette, à son tour, la balle dans le camp adverse. « C’était une conférence publique à laquelle tout le monde pouvait assister. Mais lorsque le conférencier, M. Kasmi nous a reconnus, il a voulu nous en empêcher. Il y avait dans la salle une vingtaine d’Européens, un Tunisien et deux Algériens. Ils ont failli nous lyncher. Certains ont retroussé leurs manches pour nous battre. Les Européennes ont insulté notre militante. Elles lui disaient: « Pourquoi vous hurlez ». Par la suite, ils ont bâclé la conférence en trois minutes, en adoptant une motion d’un seul paragraphe », s’en défend le député d’Alger. Et de rappeler que la position de son parti ne souffre aucune équivoque. « Nous sommes pour l’exploration du gaz de schiste et nous l’avions exprimé publiquement », soutient-il.

A souligner que cet incident a provoqué la colère d’une partie de l’opinion publique nationale, quasi unanimement hostile à l’exploitation du gaz de schiste. Sur les réseaux sociaux, les internautes algériens ont usé de tous les noms d’oiseaux pour qualifier les parlementaires ainsi que la patronne du PT, qui est, faut-il le souligner, pro-gaz de schiste.