Le rassemblement des non-jeûneurs à Tizi-Ouzou est-il un combat pour les droits fondamentaux ou un simple acte de provocation ? Les médias étrangers ont été nombreux à se poser cette question.

« Le pique-nique de non-jeûneurs kabyles, un pied de nez aux autorités », a titré ainsi la chaîne de télévision française France 24. « Des centaines d’Algériens mangent en public en plein Ramadan, une première », écrit, pour sa part, La Croix.  En effet, la manifestation qui a pris place à Tizi Ouzou a beaucoup fait parler d’elle. Contrairement à de nombreux médias nationaux ayant perçu l’événement comme une humiliation pour la religion musulmane, la presse internationale demeure beaucoup plus modérée. «Action coup de poing» comme l’a qualifiée la chaîne de radio RTL, premier mouvement collectif du genre qui réclame à l’Etat « de respecter les libertés individuelles », indique la radio internationale française RFI. Un « refus de l’islam radical » pour France 24. Le quotidien libanais  l’Orient Le Jour rapporte de son côté que ce geste vise à combattre  « le climat de terreur qui règne contre ceux qui ne jeûnent pas ».

RFI a précisé encore qu’aucune interdiction sur le plan juridique n’existe dans la constitution algérienne :  « des policiers qui, lorsqu’ils arrêtent les non-jeûneurs, font du zèle, puisqu’il n’est pas interdit par la loi algérienne de manger en public pendant le Ramadhan ». En effet, l’article 36 de la Constitution algérienne stipule que la liberté de conscience ainsi que la liberté d’opinion sont des droits inviolables. Rappelons enfin qu’en solidarité avec l’action menée en Kabylie, des manifestations similaires sont organisées en France et même au Canada.

Nedjma Falek Amrani