L’ex-candidat à la présidentielle algérienne, Rachid Nekkaz, a déposé plainte contre Amar Saïdani, suite à l’affaire des appartements parisiens du Secrétaire général du FLN.

La candidat à la candidature pour l’élection présidentielle algérienne du 17 avril dernier, Rachid Nekkaz, a décidé de déposer plainte contre Amar Saidani, le secrétaire général du FLN (Front de libération national). L’homme qui a mystérieusement perdu ses quelques 60.000 signatures a fait part de ses intentions dimanche via sa page Facebook, qui compte plus de 311.000 adhérents.

En tout, ce sont deux plaintes qui vont être remises par le trublion de la politique algérienne. Dans son message, Rachid Nekkaz explique effectivement qu’il va déposer une première « plainte collective internationale de citoyens algériens contre Amar Saidani, le patron du FLN, pour détournement de fonds et blanchiment d’argent » le 29 juin à Alger et une seconde le lendemain à Paris. « L’objectif de notre action est de convaincre 100 à 1.000 citoyen (ne)s Algérien (ne)s de déposer plainte contre le Patron du FLN à Alger et à Paris », précise Rachid Nekkaz, qui dit avoir déjà reçu le soutien de 12 avocats étrangers.

Pour rappel, Amar Saidani est au coeur d’un scandale relatif au détournement de deniers publics. Le site Internet, « Mondafrique », géré par le journaliste d’investigation Nicolas Beau, a récemment révélé que le numéro du parti historique dispose de deux appartements dans des quartiers huppés de la capitale française. Certains observateurs avisés ont rapproché les révélations de Nicolas Beau sur la soi-disant fortune de Saidani à sa probable implication dans une affaire de détournement de des fonds d’un montant équivalent à 550 millions de dollars, affectés en 2006, à la Générale des concessions agricoles (GCA) pour le développement rural.

Rachid Nekkaz, qui avait remis son passeport français pour pouvoir participé à l’élection présidentielle algérienne, n’en est pas à son premier coup d’essai contre Amar Saidani. L’opposant s’est saisi de cette affaire début mai en se plaçant à Paris devant l’immeuble où Amar Saidani posséderait deux appartements, situés, selon les informations de Nicolas Beau, au 13 et 15 boulevard Victor Hugo à Neuilly-sur-Seine, dans la banlieu chic de Paris. Posté devant le portail de l’immeuble, Rachid Nekkaz a demandé l’ouverture d’une enquête internet au FLN sur cette affaire : « Je ne sais pas si ces informations [ndlr celles de Nicolas Beau] sont vraies. Cependant, afin d’enlever toute ambiguïté concernant cette affaire, il serait bon que le FLN mette en place une commission d’enquête pour déterminer ce qui est vrai et ce qui serait faux », ajoutant que le document prouvant l’existence d’une « Société civile immobilière détenue par la fille de Amar Saidani, Kenza Saidani » sème le doute.

Persévérant, Rachid Nekkaz a ensuite conseillé au patron du FLN de « démissionner temporairement du parti afin d’avoir le temps de se défendre, avant de faire appel à l’ambassade d’Algérie à Paris. Sans succès. Sa quatrième tentative pour faire toute la lumière sur cette affaire sera-t-elle la bonne?

Elyas Nour

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