Hôtel El-Djazaïr/ Des citoyens « black-listées » crient au scandale

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De nombreuses personnes ont été empêchées récemment de rentrer à l’hôtel El-Djazaïr, l’ex-Saint Georges. Officiellement, les agents de sécurité de cet établissement public affirment que ces personnes sont indésirables parce qu’elles sont « black-listées » ! 

Contactée par nos soins, la direction générale de l’hôtel El-Djazaïr confirme qu’une liste de personnes indésirables est établie par les responsables de la sécurité de cet hôtel prestigieux. « Il s’agit de personnes dont le comportement est contraire au règlement intérieur de l’hôtel, des fauteurs de troubles qui s’en prennent à des clients ou au personnel de l’administration », explique un responsable de cet établissement hôtelier.

Ceci dit, force est de constater que plusieurs personnes « black-listées » ne partagent pas du tout cette version des faits. N. B, une jeune entrepreneuse, a vécu récemment une mésaventure qui en dit long sur les « critères » servant à black-lister  les « fauteurs de troubles ». La jeune femme a été empêchée, à deux reprises, de pénétrer à l’intérieur de cet établissement.

« Pourtant, je ne me suis jamais disputée avec quiconque à l’intérieur de l’hôtel ! J’y allais régulièrement, souvent à la piscine, et j’y passais de nombreuses soirées avec des amis », témoigne mademoiselle N.B qui découvre, par un malheureux hasard, qu’elle est interdite de fréquenter la piscine, la boite de nuit ou même le salon. « La véritable raison est que la fille du directeur est une ancienne connaissance. Depuis que nous sommes en froid, je n’ai plus le droit de fréquenter un hôtel public de mon propre pays », s’indigne notre interlocutrice.

Ainsi, il suffit de ne plus entretenir de relations amicales avec des membres de la famille des responsables de l’hôtel pour se retrouver « black-listé » et chassé d’un établissement public ! Face à ces accusations, la direction de l’hôtel El-Djazaïr observe un étrange « mutisme ». Au téléphone, on se contente de nous répondre : « Allez voir avec le chef de la sécurité. C’est lui qui black-liste les personnes qui attentent à l’ordre dans l’établissement ».

« Ce sont des mensonges. Qu’ils sortent la moindre preuve indiquant que j’ai foutu des troubles à l’intérieur de l’hôtel », défie N.B qui dénonce « une privatisation » mafieuse. « Cet hôtel étatique appartient à tous les Algériens. Les enfants du directeur n’ont aucun droit de nous bannir », tonne notre interlocutrice.

D’autres témoins interrogés par nos soins confirment aussi ces pratiques arbitraires. Ils accusent les enfants du directeur de l’hôtel El-Djazaïr de faire la pluie et le beau temps au sein de l’établissement. De graves accusations qui nécessitent des explications de la part de la tutelle de cet établissement public.

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