55,6% se considèrent comme des ‘‘moutadayinine ila hadane ma’’ (pratiquants jusqu’à un certain degré), indique un sondage réalisé en 2015, dans le cadre du programme Arab Transformation (ArabTrans), un projet de recherche chapeauté par l’université d’Aberdeen en Ecosse, a expliqué ce lundi l’éminent sociologue algérien Nacer Djabi. 

Dans les colonnes du quotidien El Watan, Nacer Djabi a révélé les résultats de ce sondage qui fournit moult informations sur les Algériens et leur relation avec le fait religieux. Ainsi, d’après cette enquête menée en Algérie par des chercheurs du centre de recherche en Economie Appliquée pour le Développement (CREAD), basé à Alger, à peine  32% des Algériens affirment qu’ils sont « pratiquants assidus (‘‘moutadayinnine’’) ». Toujours selon la même enquête, « entre 5 et 8% disent qu’ils sont non pratiquants (‘‘ghayr moutadayyinine’’) ». Ces chiffres et ces données prouvent que les Algériens ne sont guère aussi religieux qu’on a tendance à croire. Mais les résultats de cette enquête correspondent-ils à la réalité de la société algérienne ? Oui, répond clairement Saïd Djabelkheir, islamologue et chercheur en soufisme. « Le conservatisme religieux en Algérie est à l’image de l’équipe nationale de football : un refuge et un défouloir », croit savoir notre interlocuteur selon lequel le « crise de sens » et la « crise identitaire » dont souffrent les Algériens les poussent à se réfugier dans un certain conservatisme religieux. « Mais ce conservatisme n’est guère une conviction. C’est du hooliganisme religieux, pas plus ! », assure Saïd Djabelkheir selon lequel les Algériens instrumentalisent le sentiment religieux pour répondre à leur mal-être.

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