S’aimer au grand jour est un acte qui relève de plus en plus de l’impossible en Algérie, tant la société demeure attachée à son conservatisme aveugle. Des couples amoureux peinent à s’aimer dans un contexte rigoriste qui diabolise et interdit l’amour. L’histoire triste de ces deux jeunes amoureux, originaires de Jijel, qui se sont donné la mort parce qu’ils ne pouvaient pas vivre leur passion, en 2013, a provoqué une vive indignation. Pourtant, les choses n’ont pas changé, la société n’a pas évolué et les couples, condamnés à s’aimer en cachette, continuent à souffrir.

L’amour est beau, il devrait inspirer la vie, le bonheur, l’espoir. Cependant, en Algérie, il arrive que l’amour suscite la haine et l’envie, provoque la méchanceté et la brutalité. Dans notre société, ultra conservatrice, les histoires d’amour se terminent par des tragédies comme l’histoire de ces deux jeunes amoureux, originaires de Jijel, qui se sont jetés du haut d’un immeuble après que les parents de la jeune fille, âgée de 18 ans, l’ont marié de force pour lui imposer de renoncer à son amour. Ce n’est pas la seule histoire dramatique qui prouve qu’en Algérie l’amour peut se transformer en malédiction. En 2013, à Tipaza, un jeune homme s’est immolé parce que le père de sa bien-aimée a tout fait pour l’empêcher de la prendre pour femme.

« Rendez-moi ma Nesrine !»

De nombreuses familles algériennes ne tolèrent pas que leurs filles puissent aimer un homme et entreprendre une relation avec lui. Ces filles, majeures, sont traitées comme des «traitresses», privées de liberté et soumises à la tyrannie des parents. Le cas de Samy, un jeune algérois de 21 ans habitant à Hussein Day, étudiant à l’université de Dely Brahim, en est la preuve. Ce jeune homme, issu d’une famille ordinaire, mais très ouverte d’esprit, est tombé amoureux d’une dénommée Nesrine, 18 ans, issue d’une famille conservatrice de Télémly. Les deux jeunes vivaient comme n’importe quel couple de leur âge, quand leur vie bascula le jour où le papa de cette dernière les a surpris ensemble. Depuis, nous raconte Samy, « Nesrine a été séquestré à la maison. On lui a imposé le voile et on la traite de tous les noms ». Sa bien-aimée refuse de manger, elle a même été hospitalisée, mais ses parents restent indifférents et décidés à détruire leur passion. Samy lance un appel de détresse et s’interroge comment est-ce que la société continue à considérer l’amour comme un crime qu’il faudrait punir. Les histoires chagrinantes de ces couples algériens devraient interpeller les consciences. Jusqu’à quand les mentalités algériennes continueront-elles à régresser ? Jusqu’à quand l’amour demeurera-t-il tabou ?

Nourhane S.

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